Depuis l’installation du président Romuald Wadagni à la tête de l’État, de nombreux acteurs politiques ayant contribué à sa victoire continuent d’attendre d’être associés à la mise en œuvre du projet qu’ils ont défendu sur le terrain. Dans ce contexte, une formule revient régulièrement dans certains cercles : « On ne fait pas la politique pour être forcément nommé » ou encore « On ne sert pas un parti dans l’espoir d’une récompense ». Présenté comme un appel au désintéressement, ce discours est perçu par certains militants comme une manière subtile de refroidir les attentes et de décourager ceux qui espèrent accéder à des responsabilités publiques. Pourtant, l’engagement politique ne se limite pas à un simple soutien électoral. La politique est avant tout un moyen d’agir sur la gestion de la cité, de participer à la définition et à la mise en œuvre des politiques publiques. Dans cette logique, aspirer à des fonctions de responsabilité ne relève pas nécessairement d’une quête de privilèges, mais peut traduire la volonté de contribuer plus directement à l’action publique. Ceux qui consacrent du temps, de l’énergie et parfois des ressources à la défense d’un projet politique le font généralement avec l’ambition de voir leurs idées se concrétiser dans les décisions et les réalisations du pouvoir. Il serait donc réducteur d’opposer engagement militant et aspiration à exercer des responsabilités. Dans toutes les démocraties, les partis politiques constituent aussi des cadres de formation, de promotion et de sélection des femmes et des hommes appelés à gérer les affaires publiques. Les nominations participent ainsi au fonctionnement normal de la vie politique, à condition qu’elles reposent sur la compétence, le mérite et la capacité à servir l’intérêt général. Vouloir être utile à travers une fonction n’est pas incompatible avec les valeurs de l’engagement politique ; cela peut même en être l’aboutissement naturel. Bien entendu, la nomination ne saurait être considérée comme une fin en soi ni comme une récompense automatique. Le service de l’État exige avant tout compétence, intégrité et sens des responsabilités. Cependant, présenter toute attente de responsabilité comme une démarche intéressée risque de démobiliser les militants et de créer un sentiment de frustration parmi ceux qui ont porté un projet politique jusqu’à la victoire. Pour beaucoup d’acteurs engagés, l’enjeu n’est pas tant d’obtenir un poste que de disposer des moyens nécessaires pour participer concrètement à la transformation du pays. Dans cette perspective, l’espérance d’une responsabilité publique apparaît moins comme une revendication personnelle que comme la volonté de poursuivre l’engagement sous une autre forme, celle de l’action.
*Dynamisme Info