À l’heure où se dessine la perspective du tout premier gouvernement de Romuald Wadagni, de nombreuses attentes naissent au sein de l’opinion publique. Après des années marquées par des réformes économiques, administratives et institutionnelles profondes, beaucoup espèrent voir s’ouvrir une nouvelle phase de consolidation et d’efficacité gouvernementale. Mais cette ambition ne pourra être atteinte que si les critères de compétence, d’expérience et de maîtrise des dossiers demeurent au cœur des nominations ministérielles. Le futur chef de l’exécutif devra résister à la tentation de transformer l’appareil gouvernemental en espace de récompense politique. Il est compréhensible qu’après une bataille politique, des alliances, des soutiens et des fidélités cherchent une reconnaissance institutionnelle. La politique fonctionne aussi sur la base des équilibres et des engagements. Cependant, l’État ne peut être géré uniquement à travers des considérations de repositionnement ou de remerciement. Le contexte national et international impose aujourd’hui des profils capables de produire des résultats probants, de porter des réformes complexes et de défendre efficacement les intérêts du pays. Un gouvernement dominé par des calculs politiques au détriment de la technicité risquerait de ralentir la dynamique de modernisation engagée depuis plusieurs années. Le défi de la continuité sera particulièrement déterminant. Si Romuald Wadagni veut rassurer les investisseurs, maintenir la confiance des partenaires internationaux et préserver la crédibilité de l’action publique, il devra s’appuyer sur des femmes et des hommes compétents, rigoureux et capables de travailler avec méthode. Plusieurs secteurs stratégiques comme l’économie, l’énergie, les infrastructures, le numérique, l’éducation ou encore la santé nécessitent des responsables dotés d’une solide expertise technique. Dans ces domaines sensibles, l’improvisation politique peut rapidement produire des contre-performances lourdes de conséquences pour les populations. Le moment est donc historique. Le futur président devra envoyer un signal fort en privilégiant le mérite, la performance et la capacité à délivrer des résultats concrets. La jeunesse béninoise, les acteurs économiques et les citoyens attendent moins un gouvernement de récompense qu’une équipe de combat capable de poursuivre la transformation du pays avec sérieux et efficacité. La réussite du mandat de Romuald Wadagni dépendra en grande partie de cette capacité à faire triompher la compétence sur les intérêts politiques immédiats.
*Dynamisme