Le temps devient une priorité dans la gouvernance. Le gouvernement de Romuald Wadagni a décidé de faire passer le Conseil des ministres d’un rythme hebdomadaire à un rythme mensuel. Une décision qui divise l’opinion au Bénin. Pour l’exécutif, l’objectif est simple : améliorer l’efficacité dans la gestion du temps. Moins de réunions plénières, plus de temps sur le terrain pour suivre l’exécution des projets, approfondir les dossiers et accélérer les résultats concrets. En effet, avec un conseil mensuel, les ministres disposent de quatre semaines pour préparer des dossiers plus solides, consulter les acteurs concernés et sécuriser le financement des décisions. Le gain attendu : moins de précipitation, plus de suivi, moins d’effets d’annonce. Mais la réforme suscite aussi des interrogations. Certains craignent une perte de réactivité face aux urgences. D’autres s’inquiètent d’une coordination moins régulière entre ministères. L’enjeu sera donc d’organiser des sessions extraordinaires quand la situation l’exige, et de renforcer les mécanismes de suivi entre deux conseils. A préciser que le Bénin n’est pas seul sur ce chemin. Le Sénégal, depuis peu, a lui aussi abandonné le modèle hebdomadaire strict. À Dakar, le Conseil des ministres se tient désormais deux fois par mois. Même logique : désengorger l’agenda du Président et des ministres pour privilégier l’action. Plus largement, plusieurs États africains dirigés par de jeunes dirigeants semblent opter pour des formats plus resserrés. L’idée partagée : adapter la fréquence des instances de décision au rythme de l’action publique, et non l’inverse. Entre conseils bimensuels, mensuels ou restreints d’urgence, la tendance est à la flexibilité. Mais au-delà du calendrier, le succès de ce nouveau modèle dépendra d’un point clé : l’exécution. Un conseil mensuel n’a de sens que si chaque décision prise est suivie, évaluée et traduite en actes avant le conseil suivant. Le gouvernement Wadagni mise donc sur le temps long et la qualité des décisions. Si ce choix se traduit par des chantiers qui avancent et des services publics plus réactifs, le modèle “une fois par mois” pourrait convaincre. Sinon, le débat sur le retour à un rythme plus rapproché reviendra vite sur la table.
*Dynamisme Info*