Affaire Laurent Zomaï : La polémique relance le débat sur l’éthique des nominations au Bénin

La cérémonie de prise de service du nouveau préfet du Zou, Laurent Zomaï, a été reportée sine die. Une annulation qui défraie la chronique et remet sur la table une question sensible : la moralité des personnes appelées à occuper des postes de responsabilité. Aux dernières nouvelles, une décision de l’ARMP, l’Agence de Régulation des Marchés Publics, pèserait sur l’intéressé. Il serait exclu pour plusieurs années des marchés publics en République du Bénin. Cette sanction serait probablement à l’origine de l’annulation de la prise de service, dans l’attente d’un compromis. Justement, une décision de la Cour suprême a ordonné le sursis de celle de l’ARMP, balisant ainsi le chemin pour l’entrée en fonction du nouveau préfet. Le blocage juridique semble levé, mais le malaise demeure. Car au-delà de la procédure, c’est la question de l’éthique qui revient au centre du débat. Comment une personne sous le coup d’une exclusion des marchés publics peut-elle se retrouver nommée à la tête d’un département ? L’affaire Laurent Zomaï expose les limites du dispositif actuel de vérification avant nomination. Inquiets et à la fois exaspérés, de nombreux citoyens et observateurs suggèrent désormais la mise en place d’un comité d’éthique chargé de proposer au Président de la République les nominations. Un tel mécanisme aurait pour mission de passer au crible le parcours, l’intégrité et la moralité des futurs responsables avant leur désignation. Cela permettrait d’éviter à l’avenir des situations comme celle du Zou, qui ternissent l’image de l’administration et fragilisent la confiance des populations. L’exécutif est donc attendu sur des dispositions concrètes pour sécuriser les choix de nomination. Car la performance d’un État ne se mesure pas seulement à l’aune des réformes engagées, mais aussi à la qualité morale des hommes et des femmes qui les portent.

*Dynamisme Info*

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