Répression de l’urination sur la voie publique au Bénin::Fiacre Géoffroy BODJRENOU plaide: pour une répression accompagnée de solutions durables

La volonté des autorités béninoises de mettre fin aux comportements qui ternissent l’image de nos villes est largement saluée. La lutte contre l’urination sur la voie publique participe d’une ambition plus grande, celle de bâtir un Bénin plus propre, plus sain et plus attractif. Cependant, cette dynamique ne peut produire les résultats escomptés si elle repose uniquement sur des mesures coercitives. C’est tout le sens de la réflexion du juriste Géoffroy Fiacre Bodjrènou qui invite à regarder au-delà de la sanction pour interroger les conditions réelles offertes aux citoyens. Car si la loi doit être respectée par tous, encore faut-il que chacun dispose des moyens nécessaires pour s’y conformer. Dans un contexte où de nombreux espaces publics demeurent dépourvus de toilettes accessibles, la répression, aussi légitime soit-elle, risque de perdre une partie de son efficacité et de susciter davantage d’incompréhension que d’adhésion. Pour lui, Le véritable enjeu est donc celui de la responsabilité partagée. Il appartient aux citoyens d’adopter des comportements respectueux de l’environnement, mais il revient également à l’État et aux collectivités territoriales de créer les infrastructures indispensables à une politique de salubrité crédible. Les marchés, gares routières, stations de transport, places publiques, centres-villes et autres lieux de forte affluence devraient disposer de toilettes modernes, accessibles, propres et entretenues en permanence. Cette exigence ne relève pas du confort, mais de la santé publique, de la dignité humaine et du respect des droits les plus élémentaires. En l’absence de telles infrastructures, la politique de répression apparaît incomplète, puisqu’elle sanctionne parfois des comportements sans offrir de solution concrète aux personnes confrontées à un besoin naturel. A l’en croire, l’expérience de plusieurs pays montre que les politiques de salubrité les plus efficaces sont celles qui reposent sur un équilibre entre sensibilisation, investissements publics et application rigoureuse de la loi. Les campagnes d’information permettent de faire évoluer les mentalités, les infrastructures facilitent l’adoption des bons comportements, tandis que les sanctions interviennent pour décourager les actes délibérés d’incivisme. Cet enchaînement est essentiel, car une sanction est toujours mieux acceptée lorsqu’elle intervient dans un environnement où chacun a réellement la possibilité de respecter la règle. Le développement d’un vaste réseau national de toilettes publiques constituerait ainsi un investissement stratégique, bénéfique non seulement pour la propreté des villes, mais également pour le tourisme, la santé, l’attractivité économique et le bien-être des populations. En effet, la réflexion portée par Géoffroy Fiacre Bodjrènou dépasse ainsi la seule question de l’urination sur la voie publique. Elle interpelle sur la manière de concevoir les politiques publiques dans un État moderne. Une gouvernance efficace ne consiste pas uniquement à édicter des interdictions ou à multiplier les contrôles ; elle implique également d’anticiper les besoins des citoyens et de leur offrir les conditions nécessaires pour respecter les règles établies. Le Bénin poursuit une transformation ambitieuse de son cadre de vie, et cette ambition gagnera en efficacité si elle associe étroitement investissements dans les infrastructures, éducation citoyenne et fermeté dans l’application de la loi.

*Dynamisme Info*

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