Surprenante révélation dans le dossier Dangnivo : L’ancien DGPN ou l’attitude du « cabri mort qui n’a pas peur du couteau » ?

La reprise du procès relatif à la disparition de Urbain Pierre Dangnivo n’a pas seulement relancé les débats judiciaires. Elle a aussi remis au centre de l’actualité une déclaration de Philippe Houndégnon qui continue de susciter interrogations et commentaires. Pour de nombreux observateurs, l’ancien Directeur Général de la Police Nationale (DGPN) actuellement en détention dans un autre dossier, semble avoir adopté l’attitude du « cabri mort qui n’a pas peur du couteau », une expression populaire qui traduit la liberté de parole de celui qui estime n’avoir peut-être plus rien à perdre. Alors qu’il avait lui-même déclaré, durant sa détention, qu’un homme qui se considère comme un « cabri mort » ne craint plus le couteau, ses récentes révélations donnent aujourd’hui l’impression qu’il a décidé de dire une vérité qu’il aurait longtemps gardée sous silence. Que cette lecture soit fondée ou non, elle nourrit inévitablement les débats dans une affaire qui, depuis plus de quinze ans, continue de hanter l’opinion publique béninoise. Pendant de longues années, dans l’imaginaire collectif, le nom d’Alofa est resté associé au dossier comme celui du principal présumé auteur du crime, au fil des procédures et des différentes audiences. Or, les propos de Philippe Houndégnon vendredi dernier introduisent un nouvel élément de nature à bouleverser cette perception. Il affirme avoir été informé, par ce qu’il présente comme un « informateur professionnel », que Isidore Akon serait en réalité le présumé auteur des faits. Une telle déclaration constitue un revirement majeur dans le récit entourant cette affaire. Elle soulève naturellement de nombreuses questions au sein de l’opinion qui cherche à savoir pourquoi une telle révélation intervient-elle seulement maintenant. Pourquoi cette information, si elle existait effectivement depuis longtemps, n’a-t-elle pas été portée plus tôt à la connaissance de la justice ? Est-ce le choix d’un homme désormais décidé à parler sans retenue, ou une déclaration qui devra être rigoureusement confrontée aux éléments de preuve ? Autant d’interrogations auxquelles seule l’instruction judiciaire pourra apporter des réponses. Quoi qu’il en soit, cette sortie de Philippe Houndégnon vient rappeler que le procès Dangnivo est loin d’avoir livré tous ses secrets. Elle illustre aussi combien cette affaire demeure entourée de zones d’ombre, de versions contradictoires et de révélations tardives qui entretiennent le doute dans l’opinion. Mais au-delà du retentissement médiatique de ces déclarations, une exigence s’impose, celle de laisser la justice faire son œuvre. Les propos de Philippe Houndégnon, aussi fracassants soient-ils, constituent des allégations qui devront être vérifiées, corroborées ou écartées par le tribunal au regard des preuves produites au dossier. C’est à cette seule condition que la manifestation de la vérité pourra dépasser les émotions, les perceptions et les spéculations pour s’imposer comme une vérité judiciaire.

*Dynamisme Info*

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