La désignation de Paul Hounkpè parmi les personnalités appelées à siéger au Sénat continue d’alimenter les débats au sein de l’opinion publique. Si certains y voient un simple choix politique, d’autres y lisent un signal fort en faveur d’une gouvernance davantage tournée vers le rassemblement que vers les considérations partisanes. C’est notamment la lecture qu’en fait le juriste Géoffroy Fiacre BODJRENOU, pour qui cette nomination traduit une volonté de placer les compétences au-dessus des clivages politiques. Dans une réflexion largement argumentée, il défend l’idée qu’une démocratie gagne en maturité lorsqu’elle est capable d’associer, au service de l’État, des personnalités dont les parcours politiques ont parfois été marqués par l’opposition. Selon lui, la République ne saurait se construire durablement sur une logique d’exclusion permanente, mais plutôt sur la capacité des institutions à mobiliser toutes les intelligences disponibles dès lors que l’intérêt national l’exige. En effet, pour le juriste, le fait que Paul Hounkpè, ancien candidat à l’élection présidentielle et figure de l’opposition, soit aujourd’hui appelé à intégrer une institution majeure de la République constitue davantage un symbole qu’une simple nomination. Il y voit l’illustration d’une conception du pouvoir où l’exercice des responsabilités publiques dépasse les rivalités électorales pour privilégier l’expérience, le sens de l’État et la compétence. Dans cette perspective, l’opposition ne devrait jamais être assimilée à une mise à l’écart systématique des responsabilités nationales, pas plus que l’appartenance à la majorité ne devrait constituer un monopole sur les fonctions publiques. Pour Géoffroy Fiacre BODJRENOU, la solidité d’une démocratie se mesure précisément à sa capacité à reconnaître le mérite au-delà des appartenances partisanes et à favoriser une complémentarité des talents au bénéfice de l’intérêt général. L’analyse du juriste met également en lumière la portée institutionnelle que pourrait revêtir cette décision. En intégrant au Sénat une personnalité issue d’un autre bord politique, le pouvoir envoie, selon lui, un message d’ouverture susceptible de contribuer à l’apaisement du climat politique et au renforcement de la cohésion nationale. Il estime que les grandes démocraties se construisent moins dans la confrontation permanente que dans la recherche d’un équilibre entre compétition politique et coopération institutionnelle. Cette approche, soutient-il, participe à consolider la crédibilité des institutions en rappelant que la République appartient à tous les citoyens, indépendamment de leurs engagements politiques, dès lors que ceux-ci sont appelés à servir l’État avec loyauté et responsabilité. Au-delà du cas particulier de Paul Hounkpè, Géoffroy Fiacre BODJRENOU invite finalement à une réflexion plus large sur la culture politique béninoise. Pour lui, le développement du pays dépendra de la capacité des acteurs à dépasser les antagonismes pour faire prévaloir les impératifs de compétence, de responsabilité et d’intérêt national. Il adresse ainsi ses félicitations tant au Président Romuald Wadagni, qu’il salue pour un choix qu’il considère comme rassembleur, qu’à Paul Hounkpè, appelé selon lui à mettre son expérience au service exclusif de la Nation. Une position qui nourrit le débat sur les critères devant guider les nominations aux plus hautes fonctions de l’État et sur la place que doivent occuper le dialogue, l’inclusion et la valorisation des compétences dans la consolidation des institutions républicaines.
*Dynamisme Info*