Le Centre Eya de Cotonou a accueilli, ce samedi 27 juin 2026, la troisième édition de l’Apéro du Droit et du Numérique, initiée par Merry Marcos Toï Milonon, autour du thème : « Quel modèle de régulation pour l’intelligence artificielle en Afrique ? ». Réunissant magistrats, avocats, juristes, universitaires et spécialistes du numérique, la rencontre a permis d’engager une réflexion sur les enjeux juridiques liés au développement de l’intelligence artificielle et sur la nécessité pour l’Afrique de construire son propre modèle de gouvernance. Dans son mot introductif, Merry Marcos Toï Milonon a rappelé que chaque révolution technologique a toujours conduit à l’élaboration de nouvelles règles de droit. Selon lui, l’intelligence artificielle constitue aujourd’hui un tournant historique qui dépasse les simples questions techniques. Le véritable défi réside dans la souveraineté normative, c’est-à-dire la capacité des États africains à définir eux-mêmes les règles qui encadreront cette technologie. Il a ainsi appelé le continent à devenir un producteur de normes plutôt qu’un simple utilisateur de règles conçues ailleurs. Prononçant la leçon inaugurale, Gildas Houehou, Directeur de la Réglementation et des Affaires Juridiques de Celtis Bénin, a estimé que l’Afrique pouvait s’appuyer sur les enseignements de la régulation des télécommunications pour construire un cadre adapté à l’intelligence artificielle. Tout en présentant les modèles européen, américain et chinois, il a soutenu qu’aucun ne pouvait être transposé intégralement aux réalités africaines. Il a plaidé pour une régulation équilibrée conciliant innovation, protection des droits fondamentaux, souveraineté numérique et développement inclusif. Les trois débats contradictoires organisés au cours de la rencontre ont porté sur l’opportunité de s’inspirer du modèle européen, les effets d’une régulation précoce sur l’innovation et le choix entre une autorité unique ou des régulateurs sectoriels. Si les échanges n’ont pas permis de dégager de consensus, le premier débat a particulièrement opposé les défenseurs d’une adaptation du modèle européen à ceux qui y voient une nouvelle forme de dépendance ou de colonisation technologique. Une idée s’est néanmoins imposée : l’Afrique doit élaborer un cadre réglementaire fondé sur ses propres réalités, ses priorités et ses ambitions. Au terme des travaux, les participants ont convenu que l’intelligence artificielle représente autant une opportunité qu’un défi pour le continent. Au-delà des divergences, un même objectif a émergé : faire de l’Afrique un acteur de la gouvernance mondiale de l’IA en développant des règles adaptées à son contexte, capables de favoriser l’innovation tout en garantissant les droits fondamentaux. Une ambition que l’Apéro du Droit et du Numérique entend continuer à nourrir à travers ses prochaines éditions.
*Dynamisme Info*