Au Bénin, la réforme relative à la mise en conformité des associations et fondations continue de susciter réactions et adaptations au sein des organisations de la société civile. Pour Florent Mahutin AZONTONDJI, Secrétaire général et Porte-parole de l’Association Kpléwanou de Golo-Djigbé, cette nouvelle législation représente avant tout une avancée importante dans la modernisation du secteur associatif béninois. Selon lui, cette réforme répond à une nécessité réelle de transparence, de professionnalisation et de crédibilité des ONG et Fondations. Elle permettra notamment d’assurer une meilleure traçabilité des organisations et de contribuer à l’assainissement du paysage associatif national. Toutefois, même s’il reconnaît la pertinence de l’esprit de la loi, il estime que certaines dispositions gagneraient à être davantage adaptées aux réalités des petites associations locales qui fonctionnent essentiellement sur la base du bénévolat et avec des ressources limitées. Dans cette dynamique, l’Association de Développement Kpléwanou de Golo-Djigbé affirme avoir déjà accompli les démarches exigées par les autorités béninoises. Une expérience que l’organisation qualifie à la fois d’encourageante et de difficile. Parmi les points positifs relevés figure principalement la volonté de digitalisation du processus administratif, perçue comme une évolution nécessaire pour réduire les lenteurs bureaucratiques et moderniser la gestion des dossiers. Mais sur le terrain, plusieurs obstacles majeurs ont freiné les opérations. La plateforme numérique dédiée à l’enregistrement des données est régulièrement confrontée à des lenteurs et à des interruptions d’accès. À cela s’ajoute la question sensible du casier judiciaire exigé pour tous les membres, une formalité dont le traitement dépasse largement les délais officiels annoncés. Le responsable de Kpléwanou révèle d’ailleurs que certaines demandes ont nécessité plus d’un mois avant d’être validées. Au-delà de ces difficultés techniques, la collecte et le renseignement des données individuelles constituent également un véritable défi pour les associations comptant un nombre élevé d’adhérents. Remplir manuellement les informations de dizaines, voire de centaines de membres, représente une charge administrative lourde pour des structures communautaires souvent dépourvues de moyens techniques conséquents. Malgré tout, l’Association Kpléwanou affirme avoir fait preuve de responsabilité et de détermination afin d’achever sa mise en conformité dans les délais fixés. Une démarche qui traduit, selon ses responsables, leur attachement au respect des lois de la République et à la bonne gouvernance associative. Face à ces réalités, Florent Mahutin AZONTONDJI qui avant tout remercie le gouvernement pour la prorogation du délai de mise en conformité au profit des organisations, appelle les autorités à améliorer certains aspects du dispositif afin de rendre le processus plus accessible aux organisations communautaires. Il suggère notamment un renforcement des capacités techniques des plateformes numériques, une simplification des exigences administratives pour les simples adhérents ainsi que la mise en place de mécanismes facilitant l’importation des données pour les grandes associations. Il n’a pas manqué de plaider pour l’instauration d’une assistance technique permanente afin d’accompagner les organisations confrontées aux difficultés numériques et recommande un assouplissement des délais lorsque les blocages proviennent directement des outils administratifs mis à disposition par l’État. En conclusion, le Secrétaire général de Kpléwanou lance un appel fort à l’endroit de toutes les ONG et associations du Bénin afin qu’elles prennent cette réforme avec sérieux et responsabilité. Basée dans l’arrondissement de Golo-Djigbé, l’Association Kpléwanou poursuit depuis plusieurs années des actions en faveur de l’épanouissement des jeunes à travers diverses initiatives communautaires, éducatives, ludiques et sanitaires. À travers cette prise de parole, elle entend non seulement partager son expérience, mais aussi contribuer à une meilleure réussite collective de cette importante réforme du secteur associatif béninois.
*Dynamisme Info