Le paysage politique béninois continue de se redessiner au lendemain de l’élection présidentielle remportée par Romuald Wadagni. Réunie en Conseil national en présence de Paul Hounkpè, de Soumanou Alassane et de Gaba Yaya, la Force Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE) a décidé de mettre fin à son statut de parti d’opposition à compter du 24 Mai 2026, date prévue pour la prestation de serment du Président élu. Dans la foulée, le parti a officiellement annoncé son intention de soutenir et d’accompagner le futur régime. Une décision qui suscite déjà de nombreuses interrogations dans l’opinion publique, certains y voyant une simple adaptation à la nouvelle configuration politique nationale, tandis que d’autres estiment qu’il pourrait s’agir d’une stratégie destinée à repositionner le parti en vue d’une éventuelle présence dans le prochain gouvernement. Mais au-delà des calculs politiques, une idée revient avec insistance dans les débats. Beaucoup estiment que le futur président ne devra pas céder à la pression des soutiens de dernière minute au moment de constituer son équipe gouvernementale. La plupart de citoyens suggèrent aujourd’hui que le prochain gouvernement doit avant tout être construit autour de la compétence, de la capacité à produire des résultats et de la maîtrise technique des dossiers prioritaires du pays. Dans un contexte économique et social exigeant, le Bénin a besoin de profils capables de faire le travail efficacement, de porter les réformes et d’apporter des solutions concrètes aux préoccupations des populations. Le simple fait pour un acteur politique ou un parti de rejoindre la mouvance présidentielle à la dernière minute ne saurait automatiquement constituer un passeport pour intégrer les sphères du pouvoir. Pour de nombreux observateurs, le mandat qui s’ouvre avec Romuald Wadagni pourrait justement être l’occasion d’opérer une rupture dans les logiques classiques de récompense politique au profit d’une gouvernance davantage axée sur la technocratie et la performance. Plusieurs voix appellent déjà à un gouvernement où les considérations techniques primeraient sur les équilibres purement politiques, avec des ministres choisis d’abord pour leur expertise, leur efficacité et leur capacité à atteindre des objectifs précis. Une telle orientation serait d’ailleurs largement soutenue par une partie de l’opinion qui souhaite voir émerger une administration plus moderne, plus professionnelle et davantage tournée vers les résultats. Dans cette dynamique, le soutien politique reste important, mais il ne devrait pas remplacer les critères de compétence et de mérite dans le choix des futurs dirigeants du pays.
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