Trêve politique au Bénin : Théodore Holo plaide pour une redéfinition plutôt qu’une suspension de l’action politique

L’ancien Président de la Cour constitutionnelle, Théodore Holo, désapprouve le concept de « trêve politique » introduit lors de la révision de la Constitution en 2025. Membre de droit du futur Sénat, le Constitutionnaliste s’est prononcé Jeudi 16 Avril 2026 à Cotonou, lors de la Conférence trimestrielle de l’Institut des Artisans de Justice et de Paix, Chant d’Oiseau (IAJIP-CO). Invité à débattre du thème « Les institutions juridiques en Afrique : entre contre-pouvoir et continuité du pouvoir exécutif », Théodore Holo a jugé le terme « trêve politique » inadapté. « La trêve veut dire qu’il ne faut plus rien faire. Or, le parti politique anime la vie politique, contribue à l’expression du suffrage », a-t-il déclaré. Instituée en 2025, la trêve politique couvre six ans : de la proclamation des résultats de la présidentielle jusqu’à douze mois avant la prochaine année électorale. Durant cette période, les partis d’opposition sont tenus de formuler des alternatives ou des solutions constructives lorsqu’ils critiquent l’action publique. Pour l’agrégé de droit et science politique, la démocratie ne gagne rien à une suspension de la vie politique. Il rappelle son expérience à la tête de la Cour constitutionnelle sous le Président Boni Yayi, à l’époque des « mercredis rouges ». Consulté sur une éventuelle interdiction de ces mobilisations, il avait répondu : « Vous ne pouvez pas interdire. Vous pouvez encadrer les manifestations ». « Vous manifestez de telle heure à telle heure pour ne pas gêner la circulation. Vous ne pouvez pas manifester devant la présidence », illustre-t-il, défendant une régulation équilibrée plutôt qu’une restriction. Théodore Holo propose de remplacer la logique de trêve par une redéfinition des pratiques. « Au lieu de parler de trêve politique, on peut dire : vous animez la vie politique mais vous n’empêchez pas le gouvernement de mettre en œuvre son programme », suggère-t-il.  Il insiste sur le rôle constructif de l’opposition : « Vous pouvez critiquer, mais en faisant des propositions alternatives. » Pour lui, cette dynamique éclaire le corps électoral avant les prochaines échéances. « Refuser cela, c’est priver la démocratie d’un de ses ressorts essentiels », conclut-il.  L’ancien Président de la Cour constitutionnelle appelle ainsi à préserver l’animation de la vie politique tout en garantissant la mise en œuvre du programme gouvernemental, pour honorer la démocratie béninoise.

*Dynamisme Info*

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