Deuxième édition de La Grande Libation du Bénin : Des prières pour les ancêtres et pour des élections apaisées

Le Palais des Congrès de Cotonou a accueilli ce Dimanche 02 Novembre 2025 la deuxième édition de la Grande Libation du Bénin, placée sous l’égide de Dah Tognidjè Koffi Aza, Haut dignitaire du culte Vodoun. Cette cérémonie d’envergure nationale a rassemblé de nombreux dignitaires, chefs religieux traditionnels, adeptes du culte vodoun, ainsi que des citoyens venus de divers horizons pour communier dans la foi et le respect des traditions ancestrales. Sous une atmosphère empreinte de ferveur et de recueillement, les participants ont invoqué les ancêtres protecteurs afin de purifier le pays des vibrations négatives et de bénir la nation à l’orée de la nouvelle année. Considérée comme un rituel d’expiation collective, la Grande Libation du Bénin vise à libérer le pays des énergies néfastes susceptibles de freiner son épanouissement. Elle constitue également un moment de prières pour implorer la grâce des ancêtres sur les dirigeants, les citoyens et la diaspora béninoise. Pour cette deuxième édition, placée sous le signe d’une année électorale apaisée, l’accent a été mis sur la paix, l’unité nationale et la fraternité, valeurs cardinales inscrites dans une démocratie. Au cœur du rituel, les prêtres et dignitaires ont procédé à l’invocation des âmes des anciens chefs d’État défunts, des rois, et des soldats morts au front plus particulièrement le 16 Janvier 2025. Du nord au Sud, toutes les confessions endogènes ont prié pour les ancêtres et pour la nation. Ce moment de profonde spiritualité a permis d’honorer la mémoire de ceux qui ont marqué l’histoire du pays et d’appeler leur bienveillance sur la nation. Selon Dah Tognidjè Koffi Aza, la Grande Libation est un acte de reconnaissance et d’humilité pour demander la paix à ces citoyens et personnalités décédés de diverses manières. Elle rappelle que la force d’un peuple réside dans sa capacité à se souvenir de ses racines et à honorer ses ancêtres. Pour le Représentant du gouvernement et des institutions de la République, c’est le lieu de remercier les organisateurs de cette 2ème édition de la Grande Libation du Bénin, moment de communion, de recueillement et d’élévation spirituelle au service de la nation. « La Grande Libation du Bénin porte un sens profond. Comme l’exprime la sagesse de nos peuples, les morts ne sont pas morts. Ils demeurent auprès de nous, nous guident et nous éclairent. En vous rassemblant ici, vous contribuez à chantier national, celui de l’âme, du sens et de la fierté retrouvée » a-t-il déclaré en rassurant les organisateurs du soutien des autorités à cette initiative. La cérémonie s’est achevée par une série de bénédictions pour la prospérité du Bénin, le développement harmonieux de ses régions, et la cohésion entre les fils et filles du pays. Les participants sont repartis imprégnés d’un sentiment d’unité et d’espoir, convaincus que la réconciliation spirituelle avec les ancêtres est un préalable indispensable à la réussite collective. En s’imposant désormais comme un rendez-vous annuel de communion spirituelle et de renaissance nationale, la Grande Libation du Bénin s’affirme comme un symbole fort du retour aux valeurs traditionnelles et du dialogue entre le visible et l’invisible au service du développement du pays.

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Nouvelle révision de la Constitution : Daniel Edah prévient contre une initiative inopportune

Dans sa lettre ouverte adressée au Président Patrice Talon, Daniel exprime sans ambiguïté son opposition au projet de révision de la Constitution, qu’il qualifie d’initiative inopportune et dangereuse pour la démocratie dans le contexte politique actuel. Il fonde sa position sur plusieurs arguments. D’abord, il estime que le moment choisi est particulièrement malvenu, à quelques mois des élections présidentielles, période qui devrait plutôt être consacrée à la préservation de la stabilité politique et à la consolidation de la confiance entre les acteurs. Pour lui, relancer un débat constitutionnel à ce stade risque d’alimenter la méfiance, d’exacerber les tensions et de détourner l’attention des véritables priorités nationales. Ensuite, Daniel rappelle que la Constitution de 1990 demeure le socle du consensus démocratique qui a permis au Bénin de bâtir sa réputation de modèle de stabilité en Afrique de l’Ouest. Il juge donc dangereux et inutile de remettre en cause cet équilibre sans nécessité impérieuse, surtout lorsque la paix sociale et la cohésion nationale sont fragilisées par des divisions politiques. En définitive, sa lettre est un appel à la sagesse et à la retenue. Daniel invite le chef de l’État à renoncer à ce projet afin de préserver l’unité du pays et de garantir un climat électoral serein. Il plaide pour que le gouvernement concentre ses efforts sur les enjeux économiques et sociaux plutôt que sur une révision qui, selon lui, ne répond à aucune urgence nationale. Message identique en direction des députés démissionnaires du parti Les Démocrates soupçonnés de briser la minorité de blocage pour soutenir le projet.

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Appel à la paix et retrait momentané de la vie politique : Quand Vlavonou jette des fleurs à Agbodjo

Au Bénin, le Président de l’Assemblée nationale, éminente personnalité de la majorité présidentielle opine sur la situation au parti Les Démocrates pour finir par jeter de fleurs au candidat recalé de ladite formation politique à la présidentielle de 2026, Renaud Agbodjo. Ce Vendredi 31 Octobre 2025 à l’occasion de la 2ème rentrée parlementaire au titre de l’année 2025au Palais des Gouverneurs à Porto-Novo, Louis Vlavonou dans son discours, a félicité Renaud Agbodjo pour l’appel au dialogue de sa part après la décision de la Cour constitutionnelle entérinant la disqualification de la présidentielle du parti Les Démocrates sans oublier son retrait momentané de la vie politique nationale. Pour Louis Vlavonou, la récente déclaration à la suite de la décision de la Cour constitutionnelle de Renaud Agbodjo honore le débat public béninois. Car dit-il, en dépit de la déception légitime qui aurait pu nourrir la rancune ou la révolte, Me Renaud Agbodjo a choisi la voie du pardon, de la tempérance et de la paix. « Son appel vibrant à rejeter toute forme de violence et à préserver la concorde nationale doit être entendu et relayé par chacun de nous, acteurs politiques, institutionnels et citoyens. Au-delà de son retrait momentané de la scène politique, son attitude nous enseigne que l’amour du Bénin doit toujours transcender les ambitions et les contingences partisanes. Ce geste de sagesse et de retenue participe pleinement à la consolidation de notre démocratie et rappelle à tous que la paix n’est pas une option, mais une responsabilité partagée. L’histoire nous regarde, et les générations futures jugeront notre capacité à transcender les divergences pour bâtir un Bénin toujours plus juste, plus uni et plus émergent. Et comme le disait si bien le pape François, de lumineuse mémoire : “Ce n’est pas la culture de l’affrontement, la culture du conflit, qui construit la vie collective dans un peuple et entre les peuples, mais celle-ci : la culture de la rencontre, la culture du dialogue ; c’est l’unique voie pour la paix.” (Angélus du 1ᵉʳ septembre 2013) », a laissé entendre l’autorité parlementaire qui insiste sur la nécessité pour les uns et les autres de préserver la paix pour garantir la stabilité des institutions républicaines et faire en sorte que la confiance du peuple en la démocratie ne soit jamais ébranlée. Une attitude du Président de l’Assemblée nationale comme une surprise pour beaucoup qui se demandent s’il aura la même posture au cas où Renaud Agbodjo revendiquait son droit de prendre part à la compétition. 

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Editorial de Osséni KOBI CHABI DIKO : Nouveau projet de la Constitution :  le législateur et le sentiment d’abus du pouvoir !

Un nouveau projet de révision de la Constitution sera bientôt soumis aux députés avec pour ambition affichée l’instauration d’un Sénat présenté comme la pièce manquante du dispositif institutionnel. L’annonce faite le vendredi 31 Octobre à l’ouverture de la deuxième session ordinaire de l’année n’a pas tardé à raviver les débats et les suspicions autour des motivations réelles des députés de la majorité parlementaire. En effet, à quelques mois des élections générales de 2026, le choix de concentrer l’énergie sur la création d’une nouvelle institution plutôt que sur des mesures concrètes en faveur du peuple interroge et inquiète plus d’un. Il est vrai que l’idée d’instaurer un Sénat n’est pas mauvaise en soi. L’institution pourrait à terme, jouer un rôle de contrôle et de réflexion complémentaire à l’Assemblée nationale. Bien conçu, un Sénat pourrait apporter un second regard sur les textes de loi et enrichir le débat démocratique. Mais dans le contexte actuel marqué par des exilés politiques dont Sébastien Ajavon, Léhady Soglo, Valentin Djènontin toujours éloignés de leur pays, des détenus politiques comme Reckyat Madougou, Joël Aïvo encore en prison et des fonctionnaires et enseignants qui réclament la revalorisation salariale, le choix de cette réforme apparaît déconnecté des priorités réelles, pensent plus d’un. Beaucoup auraient préféré poursuivent-ils, que le parlement concentre ses efforts sur des mesures fortes et unificatrices comme favoriser le retour des exilés ou la libération des détenus politiques. Selon eux, de tels gestes auraient envoyé un signal fort de maturité politique qui prouve que le parlement agit pour le peuple et donc, agit pour l’intérêt général. Or, en privilégiant une réforme institutionnelle à la veille d’échéances électorales et dans le contexte actuel de démissions de députés du parti Les Démocrates, le message envoyé au public est que les députés œuvrent davantage pour consolider un système et contenter certains acteurs politiques que pour répondre aux attentes citoyennes, concluent-ils. Ce qui nourrit le sentiment d’abus du pouvoir et qui fait avancer certains à tort ou à raison que le pouvoir législatif sous la rupture censé être au service du peuple, semble instrumentalisé pour renforcer des intérêts politiques plutôt que pour protéger et promouvoir le bien commun. L’idée d’un Sénat loin d’être intrinsèquement mauvaise devrait non seulement enrichir le dispositif institutionnel mais elle devra aussi répondre à un véritable besoin démocratique avec une utilité sociale qui impacte directement le quotidien des béninois.

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Ministre-conseiller, Sénat et autres : Ces réformes pas forcément à grand intérêt pour le peuple

L’annonce de l’instauration prochaine d’un Sénat vient rallonger la liste déjà fournie des innovations institutionnelles introduites sous le régime de la rupture. Après la création du poste de vice-président lors de la révision constitutionnelle de 2019 puis celle des ministres conseillers, il est envisagé la création prochaine d’un Sénat assurément dans la logique d’une réforme utile au citoyen lambda et à toute la nation. Pourtant, pour une grande partie de l’opinion, ces innovations semblent d’abord répondre à des calculs politiques, à une volonté d’occuper les camarades, de récompenser les fidèles, bref, de consolider un réseau de pouvoir déjà solidement installé. Et l’instauration du Sénat sonne comme un nouveau mécanisme de redistribution des privilèges entre élites alors même que le peuple continue de serrer la ceinture. Car au fond, poursuivent-ils, le Béninois moyen n’attend pas un Sénat. Au contraire, avancent-ils, il attend une réduction de la pression fiscale qui étrangle les petites entreprises et les travailleurs indépendants. Il espère des politiques sociales pour améliorer ses conditions de vie et de travail. Il voudrait voir augmenter les salaires des fonctionnaires et des enseignants qui peinent à suivre la flambée des prix des denrées de première nécessité. Il souhaite un réel soutien au secteur privé faisant allusion notamment à la presse qui végète dans la précarité. Pour eux, tout cela semble relégué au second plan et le pouvoir préfère multiplier les structures politiques avec à la clé de nouveaux postes, de nouveaux budgets, de nouvelles charges pour l’État. Or, chaque institution supplémentaire a un coût en termes de salaires, indemnités, infrastructures, logistique. Autant de ressources qui, aux yeux de nombreux citoyens pourraient être mieux utilisées ailleurs. Pendant que certains fustigent une décision qu’ils jugent déconnectée des réalités estimant qu’on continue de donner des millions à ceux qui en ont déjà, d’autres veulent croire que l’intention est bonne. Et il revient désormais aux autorités de convaincre par les faits que cette nouvelle institution n’est pas de trop en démontrant que le Sénat ne sera pas un abri politique supplémentaire ni une charge budgétaire de plus mais un levier d’efficacité législative et de cohésion nationale. Et si ce défi est relevé, cette réforme comme tant d’autres avant elle, trouvera assurément un sens pour les plus sceptiques.

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Démission du groupe parlementaire Les Démocrates : Les députés dans le cas devraient aussi renoncer à leur mandat

La démission de six députés du groupe parlementaire Les Démocrates (LD) continue de faire des vagues à l’Assemblée nationale. Si le geste a surpris par son ampleur, il interpelle aujourd’hui sur le plan moral et politique. Car au-delà de la liberté de choix des élus, une question de fond s’impose : peut-on continuer à siéger à l’Assemblée nationale sous le mandat d’un parti dont on ne partage plus les convictions, ni les orientations ? Les députés démissionnaires affirment ne plus être en phase avec le parti qui les a portés au Parlement. Ils évoquent des divergences de ligne politique, un manque de cohérence interne, voire des frustrations personnelles. Mais dès lors qu’ils reconnaissent publiquement ne plus adhérer à l’esprit et à la vision du parti qui les a fait élire, la logique républicaine et la morale politique voudraient qu’ils renoncent également à leur mandat. En effet, au Bénin, les députés sont élus sur la base des listes présentées par les partis politiques, dans un système de représentation proportionnelle. Cela signifie que le mandat qu’ils exercent n’est pas seulement le fruit d’un choix individuel, mais celui d’une confiance collective accordée à une formation politique. Sans le logo, la bannière et la stratégie électorale du parti, ces élus n’auraient probablement jamais obtenu le suffrage des électeurs. Quitter un parti tout en conservant le mandat obtenu grâce à lui pose donc un problème d’éthique politique. Il s’agit là d’une forme d’appropriation personnelle d’un mandat collectif, qui dénature le sens même du vote des citoyens. Dans un contexte où la confiance du peuple envers la classe politique est déjà fragilisée, de tels comportements entretiennent la méfiance. On ne peut pas, par souci de cohérence et de dignité politique, quitter un parti et continuer de jouir des privilèges attachés à un mandat obtenu grâce à ce même parti.  L’idéal, dans un État de droit respectueux de la volonté populaire, serait que tout député qui décide de se désolidariser du parti sous lequel il a été élu rende son siège et se représente éventuellement sous sa propre bannière. Mais continuer de siéger au nom d’un mandat obtenu grâce à lui, sans en partager la vision, c’est une contradiction éthique. À moins que la politique ne soit devenue, définitivement, un simple calcul d’intérêt.

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Nouveau projet de révision de la Constitution : Le motif de la « déstabilisation » du parti Les Démocrates ?

Avec l’évolution de la situation politique ces derniers mois en République du Benin, il serait très prétentieux d’affirmer que le hasard existe en politique. En effet, le même jour où six députés du groupe parlementaire Les Démocrates (LD) ont annoncé leur démission, les autres groupes parlementaires des partis de la mouvance à l’Assemblée Nationale ont, comme par enchantement, déposé une proposition de révision de la Constitution. Une coïncidence troublante, qui semble donner raison aux avertissements répétés de Boni Yayi sur un plan orchestré pour fragiliser l’opposition avant une manœuvre institutionnelle majeure. Depuis plusieurs semaines, l’ancien Président Boni Yayi et leader du parti dénonçait déjà un plan de démantèlement des Démocrates. Beaucoup avaient minimisé ces déclarations, y voyant de simples frustrations internes. Mais la succession des événements interpelle. Alors que le parti LD traverse une crise provoquée par les départs groupés de ses élus, la majorité parlementaire relance, au même moment, un dossier hautement sensible, celui de la révision de la loi fondamentale. Faut-il y voir une pure coïncidence ou une stratégie politique parfaitement orchestrée ? Pour rappel, Les Démocrates avaient réussi à bloquer une tentative de révision, grâce à leur nombre et à leur cohésion. Leur position unie faisait d’eux le dernier rempart contre une réforme constitutionnelle que beaucoup soupçonnaient de cacher des ambitions politiques pas claires. Aujourd’hui, la donne a changé. Avec six députés en moins, le parti perd sa capacité de blocage. La majorité dispose désormais d’un rapport de force favorable pour faire passer ce qu’elle n’avait pas pu obtenir auparavant. Et ce n’est sans doute pas un hasard si la relance du projet intervient précisément au moment où l’opposition est la plus affaiblie de son histoire récente. En politique, le timing dit tout. Et celui-ci est d’une précision qui ne laisse place à aucun doute. Tandis que Les Démocrates se débattent dans une crise interne, le pouvoir avance ses pions constitutionnels. Tout semble désormais claire et la suite des événements édifiera plus sur les réelles motivations des acteurs qui mènent le jeu.
Car, tout renvoie à l’image de manœuvres dans l’ombre pour faire disparaitre de la scène politique le regroupement LD attaché à la légalité. Le projet annoncé de la révision de la Constitution pour prétendument instaurer le Sénat et la démission préalable de leur groupe parlementaire de députés Les Démocrates, laissent lire quoi qu’on dise, la volonté de mettre à l’écart l’opposition pour acter un souhait. Et à plus d’un de se rendre à l’évidence d’actions pour affaiblir les Démocrates pour visiblement le passage en toute tranquillité de la révision de la Constitution.   

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Démission de six députés du groupe parlementaire LD : Yayi alertait déjà sur le plan de « démantèlement » de l’opposition

L’annonce faite par Boni Yayi il y a quelques jours au sujet de la déstabilisation du parti LD, n’a pas tardé. Six députés du groupe parlementaire Les Démocrates (LD) ont claqué la porte à l’Assemblée nationale et du parti, plongeant le principal parti d’opposition dans une zone de turbulence sans précédent. Michel Sodjinou, Chantal Adjovi, Joël Godonou, Léansou Do Régo, Denise Hounmènou et Constant Nahum ont officiellement annoncé leur démission du groupe LD pour siéger désormais comme non-inscrits. Dans leur déclaration, ils évoquent des divergences de convictions politiques, des pratiques internes décevantes et un manque de cohérence dans la gouvernance du parti. Ce départ collectif, en pleine crise de confiance après l’exclusion du parti de la course à la présidentielle de 2026, sonne comme un coup dur pour l’opposition parlementaire. Le groupe LD perd ainsi une part significative de son poids politique et de sa crédibilité institutionnelle. Quelques jours avant cet éclatement, le Président du parti, Boni Yayi, avait mis en garde contre un plan bien orchestré visant à démanteler l’opposition. Selon lui, des opérations de débauchage, d’intimidation et de corruption seraient menées pour fragiliser Les Démocrates et neutraliser toute voix dissidente. Il affirmait même, après une rencontre avec le Chef de l’État, que le pouvoir en place poursuivait une stratégie ‘’d’élimination politique” de l’opposition. Une alerte que certains qualifiaient alors d’exagérée, mais que les événements de cette semaine semblent conforter. En effet, ces démissions fragilisent davantage le camp de l’opposition déjà privé d’accès à la présidentielle. Au-delà des querelles internes, c’est tout l’équilibre démocratique du pays qui vacille. Moins de députés LD, c’est moins de voix pour contester, débattre et défendre l’alternance. Ce nouveau coup porté à l’opposition vient confirmer une tendance inquiétante ; celle d’un espace politique de plus en plus verrouillé. Le pluralisme politique au Bénin semble davantage s’effriter, les contre-pouvoirs s’affaiblissent et la peur de l’isolement pousse certains élus à se rallier ou à se taire.

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Nouvelle révision constitutionnelle : Daniel Edah demande au Chef de l’Etat de renoncer ou de consulter le peuple par référendum

À moins de six mois de l’élection présidentielle, un nouveau projet de révision de la Constitution vient raviver la tension politique au Bénin. Dans une lettre ouverte au Chef de l’État, Daniel Edah, personnalité politique, interpelle directement Patrice Talon et l’exhorte à renoncer à cette initiative jugée « inopportune et dangereuse pour la démocratie ». Alors que l’Assemblée nationale examine un nouveau projet de révision de la Constitution, Daniel Edah dénonce une manœuvre politique orchestrée depuis le sommet de l’État, dans le sillage de la déstabilisation du principal parti d’opposition, Les Démocrates. Pour lui, cette opération, marquée par la démission de plusieurs députés du groupe parlementaire LD, n’a d’autre but que de faire sauter la minorité de blocage qui, jusqu’ici, empêchait toute modification constitutionnelle à des fins partisanes. L’homme politique estime que cette initiative, à la veille de la fin de la législature et à quelques mois d’une présidentielle cruciale, fragilise la stabilité du pays et compromet la légitimité des institutions. Selon lui, la mandature actuelle n’a plus la légitimité morale pour engager une telle réforme de fond, encore moins dans un contexte électoral tendu. « Nul n’est dupe, écrit Daniel Edah. Ce projet de révision n’est pas celui des députés, il est le vôtre. Vos élus n’auraient jamais osé franchir ce pas sans votre aval », affirme-t-il dans un ton à la fois respectueux et accusateur.  Dans sa lettre, Daniel Edah met en garde contre ce qu’il décrit comme un retour déguisé au monolithisme politique, rappelant les sombres heures du PRPB. À ses yeux, cette révision viserait à museler le peuple à garantir des avantages à vie pour ceux à qui le pays a déjà tout donné, et à installer un système verrouillé au profit d’un seul camp. « Ce projet trahit votre peur de perdre la main avec le prochain Président de la République », accuse-t-il, avant de souligner que la démarche pourrait rendre le pays ingouvernable à tout futur dirigeant qui refuserait d’entrer dans le moule du pouvoir actuel. L’ancien candidat à la présidentielle de 2016 et membre du parti LD estime également que cette entreprise risque de dissuader les investisseurs étrangers, en raison de l’instabilité institutionnelle et de l’insécurité juridique qu’elle engendrerait. Conscient du rapport de force politique, Daniel Edah reconnaît que le Président Talon dispose du nombre de députés nécessaire pour faire passer la réforme, mais il l’exhorte à la retenue et à la responsabilité historique. S’il estime la révision indispensable, Daniel Edah invite Patrice Talon à consulter directement le peuple par référendum. Une démarche qui, selon lui, témoignerait d’une élégance politique et de respect pour la souveraineté populaire. Dans une conclusion empreinte de patriotisme, Daniel Edah en appelle à la conscience du Chef de l’État. Il assure par ailleurs sa disponibilité à accompagner le Président dans toute initiative sincèrement tournée vers la paix, la démocratie et le développement du pays.

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Situation chez les Démocrates : Le sort des exilés et détenus politiques à issue toujours incertaine

L’espoir d’une alternance politique portée par le parti Les Démocrates vient de se heurter à un nouveau mur. Après la décision de la Cour constitutionnelle validant uniquement deux duos pour la présidentielle de 2026 celui de la mouvance présidentielle, Romuald Wadagni-Mariam Chabi Talata, et celui de la FCBE, Paul Hounkpè- Roch Hounwanou, la formation de l’opposition dirigée par l’ancien Président Boni Yayi se retrouve écartée de la course. Pour de nombreux militants et observateurs, cette exclusion sonne comme un coup dur pour ceux qui plaçaient de grands espoirs dans l’alternance. Au sein du parti, beaucoup estimaient qu’une éventuelle victoire des Démocrates aurait ouvert la voie à un règlement politique des dossiers sensibles, notamment la libération des détenus politiques et le retour des exilés. Ces questions, symbole des tensions politiques des dernières années, constituaient un axe majeur du discours du parti dirigé par l’ancien président Boni Yayi. Mais avec ce nouvel épisode, le sentiment qui domine le plus est cette sorte de perte d’espoir quant à la situation des détenus et exilés politiques. Le fait que le parti soit recalé de la présidentielle laisse penser que le pouvoir en place continuera à maîtriser le rythme et la portée des décisions politiques majeures. Dans l’immédiat, le sort des exilés et des détenus reste suspendu à la volonté du prochain Président, Romuald Wadagni, favori logique du scrutin. Certains estiment toutefois que le futur Chef de l’État pourrait, s’il le souhaite, ouvrir une nouvelle page d’apaisement politique. Mais d’autres craignent qu’en restant dans la continuité de la ligne actuelle, héritée du président Patrice Talon, aucune évolution notable ne soit à attendre. Dans cette hypothèse, le dossier des exilés et des détenus pourrait demeurer sans issue pour plusieurs années encore. Ainsi, pour une frange importante de l’opposition et de la société civile, la perspective d’une réconciliation nationale s’éloigne à nouveau. Les regards se tournent désormais vers la campagne à venir et les premières orientations du duo Wadagni-Talata, qui diront si le Bénin s’engagera sur la voie d’un apaisement politique ou s’il poursuivra la logique de fermeté amorcée depuis 2016.

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