En Conseil des ministres le mercredi dernier, le gouvernement a procédé à la nomination du Directeur général de l’Agence nationale d’identification des personnes en remplacement du Gestionnaire-mandataire Cyrille Gougbédji. Et c’est sur un Rwandais que le choix est porté pour gérer l’état civil des Béninois. Scandalisée, la Cstb s’insurge contre cette décision, objet de critiques au sein de l’opinion. Au détour d’un point de presse, la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin dénonce cette nomination rejetée par des Béninois à travers leurs réactions. Pour le premier responsable de cette organisation syndicale, Kassa Mampo, le Bénin n’est pas un département du Rwanda et il est inacceptable de nommer à la tête d’une structure aussi sensible et sécuritaire qu’est l’Anip chargée de l’identification de tous les Béninois et de la collecte des informations les concernant», un étranger. Dans son développement, le responsable syndical fera savoir que le nouveau DG Anip est homme politique qui a été maire de Kigali. Cette position antérieure qu’il a occupée dira-t-il, prouve qu’il n’est pas n’importe qui. Cela signifie poursuit-il, qu’il fait partie des personnalités politiques les plus en vues qui dirigent le Rwanda. De ces rappels, il trouve inconcevable qu’on confie à un homme de ce rang, les données personnelles des Béninois ». Plus loin, Kassa Mampo rappellera que le Bénin dispose de cadres compétents qui sont même utilisés à l’international et ne peut être à ce titre considéré comme un désert de compétences pour qu’on nomme à des postes sensibles des expatriés. « Tout le monde se demande ce qui peut justifier cette décision du Chef de l’État », s’insurge-t-il comme pour appeler en quelque sorte au changement de la copie.
*La réaction officielle qui laisse toujours sur la faim*
Reçu ce dimanche sur une chaîne de télévision privée, le Secrétaire général adjoint du gouvernement et Porte-parole, a opiné sur le sujet pour tenter d’apaiser et de rassurer face à la vague de commentaires et d’indignations après la nomination de Pascal NYAMULINDA au poste de DG Anip. Pour Wilfried Léandre Houngbédji, c’est après une étude minutieuse des dossiers (aussi bien des Béninois et des expatriés) que le gouvernent a fait ce choix. « Peut-être qu’il y a des gens bien qualifiés, mais sur le champ, je peux certifier que le conseil des ministres a eu plusieurs CV les autres étant Béninois et celui-ci étant Rwandais. Mais en regardant les parcours, en regardant le profil au regard de l’objectif; parce qu’il ne s’agit pas seulement en l’espèce de la simple administration de l’entité, mais il y a aussi les aspects techniques et technologiques. Et en cela, celui qui a été nommé avait une longueur d’avance sur les autres parce qu’il a une expérience avérée en la matière », fait-il savoir.
Des clarifications qui, au regard des commentaires dans des groupes de discussions juste après l’émission, n’ont pas contribué à dissiper les inquiétudes quant aux risques en rapport avec ce choix. Pour plus d’un, rein ne saurait justifier l’acte posé et même si la gestion des données à caractère personnel est réglementée par la loi, elle ne devrait pas être confiée à un expatrié. Un peu comme pour signifier qu’ils ne partagent pas du tout cette option de l’exécutif de promouvoir à la place des compétences locales, des citoyens d’autres pays.
*Dynamisme Info : Edition du 27 Février 2023*