Dans une déclaration lue à la tribune du Parlement par le Président Nourénou Atchadé au terme de l’examen et du vote du budget général de l’Etat, gestion 2025 le Jeudi 05 Décembre 2024, le groupe parlementaire Les Démocrates s’est offusqué contre la manière dont l’Assemblée nationale est gérée en dépit de l’expérience de ses dirigeants. Les députés membres dudit groupe notent malheureusement que l’Assemblée nationale qui devrait jouer le rôle de contre-pouvoir s’écarte de plus en plus de sa mission pour afficher l’image d’une institution vassalisée. Rappelant la triste expérience sous la huitième législature, ils appellent à la responsabilité de tous les députés actuels pour sauver ce qui peut l’être encore afin de redorer le blason de l’institution. « Notre cri de cœur de ce jour n’est pas celui de l’opposition parlementaire, mais un rappel à la responsabilité collégiale de tous les députés de la neuvième législature à sauver ce qui peut l’être encore, car un parlement vassalisé, clochardisé ne peut pas préserver la démocratie, un parlement affaibli ne peut pas jouer son rôle de contre-pouvoir. Le respect des droits parlementaires est important pour garantir l’équilibre des pouvoirs », laissent-ils entendre tout en faisant remarquer que l’institution parlementaire perd ses valeurs républicaines depuis la malheureuse parenthèse de la huitième législature monocolore. « Dans l’histoire de notre institution parlementaire, la 8ème législature reste une parenthèse accidentelle et douloureuse. Notre belle odyssée démocratique qui en avait subi le contre- coup garde malheureusement à ce jour des séquelles qui, visiblement inhibent nos pas et nous handicapent dans la dynamique constructive dune démocratie moderne telle que rêvée par nos pères fondateurs à la Conférence des forces vives de la Nation de 1990. Il restera hélas une teigneuse tâche noire de notre parcours démocratique que la 8ème législature s’était évertuée à tristement banaliser, fragiliser, vassaliser et descendre de son piédestal l’Assemblée Nationale et par ricochet toutes les institutions de notre pays. A ce segment d’un triste passé, des noms sont liés et malheureusement ceux à qui le destin a donné une seconde chance peinent à se repentir », font-ils savoir tout en invitant chacun des députés à travers son miroir intérieur à se regarder pour faire l’examen de sa conscience. « Sommes-nous vraiment dans l’impératif de redonner aux Béninois le Parlement qu’ils méritent ?, questionnent-ils appelant à restaurer l’honorabilité et la respectabilité du Parlement béninois autre fois pris pour un modèle et une école à travers le monde. « … au regard de l’équilibre de l’assiette institutionnelle de notre pays, le Parlement est un contre-pouvoir par nature et par essence. Il n’est pas pensé pour être le prolongement pathologique d’un pouvoir exécutif », révélant des faits inadmissibles contre l’opposition sous Louis Vlavonou.
« Le respect des droits des parlementaires est important pour garantir l’équilibre des pouvoirs. Ces principes basiques sont bafoués sous la responsabilité du Président de notre institution. La mémoire collective des Béninois retient que le Parlement est sous ordre de l’exécutif. Comme si cela ne suffisait pas, c’est des cadres parlementaires de l’administration qui se donnent l’outrecuidance et l’indélicatesse de se jeter à bras raccourci sur les parlementaires de l’opposition pour leur faire la leçon, demander la censure de leurs propos tenus à l’hémicycle. Quelle horreur ? Est-il admissible qu’un prétendu porte-parole du président de l’Assemblée Nationale s’en prenne de maints moites à des élus qui ont pourtant agi suivant leurs prérogatives à l’hémicycle ? Où est l’amour entre collègues souhaité par vous ? N’est-ce pas là preuve de la haine agissante à l’encontre de l’opposition ? ».
Occasion pour le groupe parlementaire Les Démocrates de se prononcer sur le dossier Fayçal Ouorou du nom du jeune homme décédé suite à une interpellation policière ayant mal tourné à Parakou. Tout en faisant le procès du ministre de l’intérieur et du patron de la police républicaine, les députés membres du groupe parlementaire Les Démocrates estiment qu’il s’agit d’une mort de trop à laquelle il faudra dire stop. Ils font remarquer que la police autrefois ami du peuple est devenue son « bourreau ». Scrutant les propos du patron de la police sur l’affaire lors d’une rencontre avec les responsables d’unités de la police du département du Borgou ; lesquels propos évoquaient une non-maîtrise par les agents incriminés des techniques de maitrise sans arme de l’adversaire et annonçaient une formation à leur profit, les élus de l’opposition tout en s’attaquant à la réforme née de la fusion de l’ex-police nationale et de l’ex-gendarmerie nationale, invitent le DGPR à sauver son honneur en déposant au besoin le tablier pour ne pas jouer avec la vie des citoyens. Ils demandent somme toute, que les dysfonctionnements relevés à chaque niveau soient corrigés au bénéfice surtout de la démocratie et de l’Etat de droit.
*Dynamisme Info*