La nouvelle Constitution adoptée le 14 Novembre à l’Assemblée nationale introduit un dispositif majeur en l’occurrence celui des sanctions contre la transhumance politique. Elle prévoit désormais que tout député démissionnaire de son parti perd automatiquement son mandat et sera remplacé. Une disposition qui prend tout son sens au regard des événements récents impliquant Michel Sodjinou et cinq autres députés tous issus du parti Les Démocrates et ayant démissionné pour rejoindre la mouvance. Car, en démissionnant de leur parti, Sodjinou et compagnies ont techniquement mis en jeu leur mandat qui selon la nouvelle disposition, devrait être automatiquement perdu et remplacé. Une évolution qui constitue assurément un tournant important dans la régulation des comportements au sein des formations politiques. Ainsi, la transhumance longtemps tolérée et instrumentalisée pour renforcer certaines majorités est désormais encadrée par la nouvelle Constitution elle-même. Et si pour Sodjinou et ses collègues démissionnaires, leur intégration dans la mouvance présidentielle leur permet de s’inscrire dans le jeu politique du moment et de bénéficier de la dynamique de la Rupture, la nouvelle disposition risque de neutraliser cette manœuvre à terme puisque la perte automatique du mandat impose un risque politique non négligeable. Les députés désormais conscients que toute démission de leur parti entraîne la perte automatique du mandat seront contraints de réfléchir à deux fois avant d’envisager un ralliement ou un changement de groupe parlementaire. Et aux yeux des observateurs, cette disposition est une avancée majeure pour la stabilité institutionnelle car, avancent-ils, elle met fin aux calculs opportunistes et aux changements de camps fréquents qui fragilisent le Parlement. L’exemple de Sodjinou illustre parfaitement le problème que la règle vise à corriger, concluent-ils. Ce qui est donc perçu par plus d’un comme une mise en garde institutionnelle que toute transhumance future sera désormais encadrée et sanctionnée laissera place assurément à un Parlement où les comportements seront désormais scrutés et où les calculs individuels devront composer avec des règles plus strictes réduisant ainsi la marge de manœuvre des députés en quête de repositionnement stratégique.
*Dynamisme Info*