À l’approche de la présidentielle d’Avril prochain, deux duos sont officiellement en lice pour solliciter les suffrages des Béninois. Pourtant, dans l’espace public comme dans les annonces politiques, une réalité s’impose. Les mouvements de soutien se multiplient presque exclusivement en faveur du duo Wadagni-Talata. Déclarations solennelles, coordinations spontanées, plateformes citoyennes, appels de notables et d’élus locaux, tout semble converger vers un seul ticket, au point de donner l’impression d’une dynamique à sens unique. Cette concentration interroge. Dans une compétition démocratique où deux offres politiques sont présentées aux électeurs, on pourrait s’attendre à voir émerger des initiatives comparables en faveur du duo Hounkpè–Hounwanou. Or, les manifestations publiques de soutien en leur direction restent rares, voire quasi inexistantes. Est-ce le reflet d’un rapport de forces déjà établi ? D’une stratégie de discrétion ? Ou d’un déficit d’adhésion et de mobilisation sur le terrain ? La question mérite d’être posée sans détour. Car au-delà des préférences partisanes, c’est la vitalité du pluralisme qui est en jeu. Une élection réellement compétitive suppose des dynamiques visibles, des soutiens assumés et un débat équilibré. Si un seul duo capte l’essentiel des démonstrations d’adhésion, cela nourrit inévitablement le sentiment d’une course déséquilibrée. À quelques semaines du scrutin, l’enjeu n’est pas seulement de compter les soutiens, mais de s’assurer que chaque candidature puisse exister pleinement dans l’espace public et politique.
*Dynamisme Info*