L’insuffisance rénale s’impose progressivement comme un enjeu majeur de santé publique au Bénin. La multiplication des appels à l’aide de patients dialysés sur les réseaux sociaux témoigne d’un malaise persistant, malgré les réformes engagées par le gouvernement de la Rupture. Face à ces interpellations, le Porte-parole du gouvernement, Wilfred Léandre Houngbédji, a tenté d’apporter des clarifications lors d’un live TikTok, mettant en avant les actions de l’exécutif en matière de prise en charge. Si les efforts sont réels et méritent d’être reconnus, ils peinent toutefois à répondre à l’ampleur croissante des besoins. Il est indéniable que des avancées structurelles ont été enregistrées depuis 2016. Le passage d’un seul centre public de dialyse, concentré à Cotonou et fonctionnant difficilement à quatre centres répartis entre Cotonou, Parakou, Abomey et Porto-Novo constitue un progrès notable. Cette déconcentration a permis de réduire les déplacements pénibles et coûteux pour de nombreux patients, tout en améliorant l’accessibilité géographique aux soins. De même, la suppression des taxes sur certains intrants médicaux destinés à la dialyse traduit une volonté d’alléger indirectement le coût des traitements. Cependant, ces mesures, aussi salutaires soient-elles, restent largement insuffisantes au regard de la réalité vécue par les patients. Contrairement à la période antérieure à 2016, où environ 400 dialysés étaient pris en charge intégralement par l’État au titre d’indigents, la prise en charge systématique n’est plus garantie pour les nouveaux patients. Cette rupture crée une inégalité criante entre malades souffrant pourtant de la même pathologie, laissant nombre d’entre eux livrés à eux-mêmes face à des coûts de traitement souvent hors de portée des ménages moyens. Plus préoccupant encore, la reconnaissance par les autorités elles-mêmes que la dialyse demeure financièrement inaccessible pour certains malades souligne les limites de la politique actuelle. Dans un contexte où l’insuffisance rénale progresse, la question n’est plus seulement celle des infrastructures, mais celle d’un véritable mécanisme de solidarité nationale. En définitive, si le gouvernement peut légitimement revendiquer des efforts et des réformes, la situation des patients dialysés révèle un chantier encore inachevé. La santé des populations ne saurait se satisfaire de demi-mesures ou de progrès partiels.
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