Le lancement du document stratégique Bénin Vision 2060 s’est voulu un moment de rassemblement national autour d’un projet d’avenir. Pourtant, une absence a retenu l’attention, celle de l’ancien Président Boni Yayi. Une absence lourde de sens, tant elle rappelle que, malgré ses efforts pour fédérer ou aligner, le régime de la Rupture ne parvient pas à faire entrer tout le monde dans ses rangs. Depuis 2016, le pouvoir en place a réussi à rallier ou neutraliser de nombreuses figures politiques, parfois jadis farouchement opposées. Mais Boni Yayi demeure l’exception notable. Toutes les tentatives visant à l’insérer dans les rangs, à l’amener à épouser la vision et la gouvernance de la Rupture qui prétend tracer seule le destin des Béninois se sont heurtées à un mur, celui de ses convictions personnelles et politiques. L’homme est resté égal à lui-même. Fidèle à sa lecture du jeu démocratique et à son sens de l’engagement, Boni Yayi refuse de se fondre dans une gouvernance qu’il n’a pas contribué à définir et dont il questionne la méthode. Cette posture, constante au fil des années, tranche avec les ralliements opportunistes observés ailleurs et confère à l’ancien chef de l’État une singularité politique intacte. Dès lors, vouloir aligner Boni Yayi relève presque de l’illusion. Car le personnage, par son parcours, son tempérament et son rapport aux principes, échappe naturellement aux logiques d’enrôlement. Sa non-participation au lancement de Bénin Vision 2060 apparaît ainsi moins comme un simple choix circonstanciel que comme l’expression d’une cohérence politique que la Rupture, jusqu’ici, n’a jamais réussi à absorber.
*Dynamisme Info*