Alors que les polemiques autour de la double casquette de Romuald Wadagni s’intensifient, l’Exécutif sort du silence pour clarifier sa position. Face à la presse, le porte-parole du gouvernement Wilfried Léandre Houngbedji a tenu à apporter des clarifications au sujet du Ministre d’État en charge de l’Économie et des Finances et désormais candidat déclaré à l’élection présidentielle de 2026. Selon lui, la polémique repose davantage sur des perceptions politiques que sur des faits concrets. Romuald Wadagni, affirme-t-il, continue d’assurer pleinement ses responsabilités ministérielles tout en préparant sa campagne. Un choix assumé par l’Exécutif qui réfute par ailleurs toute idée de conflit de priorités. « Il est bon de constater que le ministre assure pleinement ses fonctions tout en préparant sa campagne », a-t-il déclaré. Pour le gouvernement, cette situation n’aurait rien d’exceptionnel. Au contraire, poursuit-il, elle traduirait même une aptitude recherchée chez un futur Chef de l’État. Et dans une gouvernance axée sur la performance, il sied, selon l’argumentaire officiel, de pouvoir compter sur des dirigeants capables de mener plusieurs fronts à la fois. Romuald Wadagni serait ainsi l’illustration de ce profil de « chef d’orchestre » capable de coordonner l’action publique sans relâche. Pour certains, une démission prématurée du Ministre candidat à la présidentielle de 2026 créerait plus d’incertitudes qu’elle n’apporterait de garanties éthiques. D’ailleurs, dans un pays engagé depuis une décennie dans des réformes majeures, il sied, selon cette lecture, que les dirigeants fassent preuve d’endurance, de méthode et de rigueur. Le futur président, soutiennent-ils, devra être capable de gérer plusieurs dossiers complexes simultanément à l’image de ce que fait aujourd’hui le ministre d’État. Une position loin de faire consensus dans les débats. En effet pour d’autres, le maintien de Wadagni au gouvernement après la validation de sa candidature par la CENA poserait un problème d’éthique et d’équité électorale. Ils estiment qu’un candidat à la magistrature suprême ne peut continuer à exercer des fonctions aussi stratégiques sans brouiller les lignes. La question est donc de savoir s’il faut véritablement privilégier la continuité de l’action gouvernementale ou poser des garde-fous plus stricts en matière d’éthique politique.
*Dynamisme Info