Sénat, nouvel organe constitutionnel: L’institution accueillera dans ses rangs probablement 2 anciens Présidents de la République

La réforme constitutionnelle adoptée par l’Assemblée nationale béninoise dans la nuit du 14 au 15 Novembre 2025 institue la création d’un Sénat au sein du système institutionnel béninois, marquant une transformation majeure de l’architecture politique du pays à partir de la dixième législature. Cette réforme, répond à une proposition de loi présentée par des députés de la majorité présidentielle et prévoit la mise en place d’une chambre haute composée d’au moins 25 à 30 membres, incluant notamment les anciens Présidents de la République en tant que sénateurs de droit, ainsi que des personnalités issues des hautes institutions de l’État et des forces de défense et de sécurité. L’objectif affiché par les initiateurs du texte est que ce Sénat agisse comme un organe de régulation de la vie politique pour renforcer l’unité nationale, la sécurité et la paix sociale, ainsi que pour assurer une continuité institutionnelle fondée sur l’expérience accumulée par ces personnalités clés. Dans ce contexte, un ancien Président béninois et un autre très bientôt sont particulièrement cités comme susceptibles de siéger dans cette nouvelle institution. Nicéphore Soglo, figure parmi les anciens Chefs d’État appelés à intégrer le Sénat en tant que membre de droit selon les dispositions prévues par la révision constitutionnelle. Patrice Talon, Président en exercice depuis 2016 et qui achèvera son second mandat en Avril 2026, a affirmé publiquement son intention de siéger au Sénat une fois son mandat présidentiel terminé, sans préciser s’il en assumerait la présidence ou une autre fonction dirigeante au sein de la chambre haute.  En revanche, l’ancien Président Thomas Boni Yayi a rejeté catégoriquement l’idée de participer à cette nouvelle institution. Dans une déclaration rendue publique le 3 Novembre 2025, Boni Yayi a précisé qu’il ne siégera pas dans le nouveau Sénat, estimant que sa création n’est « ni opportune ni légitime ». Il a qualifié cette initiative d’antidémocratique, jugeant qu’elle va à l’encontre des principes fondamentaux de la séparation des pouvoirs et du bon fonctionnement des institutions républicaines, et qu’elle risque de compromettre la cohésion sociale ainsi que les acquis démocratiques du pays. Cette divergence de positions au sein des anciens chefs d’État béninois souligne les tensions politiques actuelles autour de la réforme constitutionnelle, alors que le pays s’apprête à vivre une transition politique importante avec les élections présidentielle et législatives de 2026. Le débat sur la légitimité et l’opportunité d’un Sénat reste vif, avec des partisans qui y voient un moyen d’intégrer davantage d’expertise institutionnelle dans la gouvernance, et des opposants qui y perçoivent un risque de dérive institutionnelle.

*Dynamisme Info*

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