Les premières grandes tendances issues des élections législatives confirmées plus tard par la Cour constitutionnelle révèlent un signal politiquement inquiétant pour la FCBE et Moele-Bénin. Pourtant parties prenantes de la mouvance présidentielle, ces deux formations politiques ont affiché des performances électorales en net retrait, suscitant interrogations et inquiétudes au sein de leurs états-majors respectifs. Dans plusieurs circonscriptions stratégiques, ces formations ont peiné à mobiliser un électorat qui semble de plus en plus distant, voire désabusé. Pour la FCBE, ce recul confirme une érosion progressive de son ancrage historique. Autrefois force politique majeure, le parti semble aujourd’hui prisonnier d’une ligne visiblement ambiguë, tiraillé entre héritage d’opposition et positionnement pro-pouvoir. Cette indécision stratégique affaiblit sa lisibilité auprès des électeurs, qui peinent à identifier une vision claire et cohérente capable de répondre aux attentes sociales et économiques actuelles. Moele-Bénin, quant à lui, paie le prix d’un leadership fortement personnalisé et d’un enracinement territorial encore fragile. Malgré une proximité affichée avec le pouvoir de la Rupture, le parti n’a pas réussi à transformer cette alliance en capital électoral durable. Dans plusieurs localités, la sanction des urnes traduit une lassitude face à un discours jugé trop institutionnel et insuffisamment connecté aux réalités quotidiennes des populations. Ces contre-performances traduisent, au-delà des cas spécifiques, une recomposition silencieuse du paysage politique béninois. Elles interrogent la capacité des partis de la mouvance à renouveler leurs offres politiques, à renforcer leur implantation locale et à restaurer la confiance d’un électorat de plus en plus exigeant. À défaut d’une remise en cause profonde, FCBE et Moele-Bénin pourraient voir leur marginalisation s’accentuer lors des prochaines échéances électorales.
*Dynamisme Info*