La proclamation des résultats législatifs, marquée par l’absence de Les Démocrates (LD) à l’Assemblée nationale, s’inscrit dans un contexte officiellement qualifié de « trêve politique ». Pourtant, derrière l’accalmie apparente du débat public, de profondes interrogations traversent l’opinion nationale quant à l’état réel de la démocratie béninoise. L’éjection d’un parti d’opposition majeur du Parlement ne saurait être analysée comme un simple fait électoral, elle constitue un événement politique lourd de sens. La trêve politique, présentée comme un moment de respiration démocratique et de retenue institutionnelle, contraste fortement avec la portée des décisions et de leurs conséquences. L’exclusion parlementaire de LD, principal parti d’opposition structuré, réduit de facto la pluralité des voix au sein de l’hémicycle. Elle pose la question de l’équilibre des pouvoirs et de la capacité du Parlement à jouer pleinement son rôle de contrepoids, indispensable dans toute démocratie représentative. Au-delà des chiffres et des mécanismes électoraux, cette situation ravive les débats sur l’inclusivité du système politique. Les réformes successives, censées rationaliser le paysage partisan et renforcer la gouvernance, sont de plus en plus perçues par une frange de la population comme des instruments de verrouillage politique. Le sentiment d’une démocratie procédurale, respectueuse des formes mais contestée sur le fond, gagne ainsi du terrain. À l’heure où le discours officiel appelle à l’apaisement et à la cohésion nationale, l’absence d’une opposition parlementaire crédible fragilise la confiance citoyenne. La démocratie ne se mesure pas uniquement à la tenue régulière d’élections, mais aussi à la capacité du système à intégrer la diversité des opinions et à garantir une compétition politique équitable. La trêve politique ne saurait donc être un silence imposé, elle doit être l’occasion d’une réflexion sincère sur l’avenir du pluralisme et de la vitalité démocratique au Bénin.
*Dynamisme Info*