Dixième législature sans l’opposition : Le retour au Parlement monocolore après le triste épisode de 2019

La Commission électorale nationale autonome (Céna) a rendu publiques les grandes tendances issues des élections devant conduire à la mise en place de la 10ème législature de l’Assemblée nationale. Selon ces données provisoires, les deux partis de la mouvance présidentielle, le Bloc Républicain (BR) et l’Union Progressiste le Renouveau (UPR), raflent l’intégralité des 109 sièges. L’UPR obtient 60 députés, dont 16 femmes, tandis que le BR enregistre 49 sièges, avec 8 femmes. Ces c confirment une domination sans partage de la majorité présidentielle sur l’institution parlementaire. Cette configuration rappelle fortement celle issue des législatives de 2019, marquées par l’absence totale de l’opposition au Parlement. À nouveau, le Bénin s’achemine vers un Parlement exclusivement acquis à la mouvance, sans voix dissonante susceptible d’incarner une opposition institutionnelle. Le pluralisme politique, pourtant pilier du débat démocratique, se trouve ainsi relégué hors de l’hémicycle. Dans un tel contexte, la fonction de contrôle de l’action gouvernementale, pourtant essentielle dans un régime démocratique, risque de perdre en substance. Avec un Parlement composé uniquement d’alliés du pouvoir exécutif, l’exercice du contre-pouvoir apparaît structurellement affaibli. Les mécanismes classiques d’interpellation, de questionnement critique et de reddition de comptes pourraient s’en trouver limités, faute d’un rapport de forces équilibré. Le retour d’un Parlement monocolore pose, une fois encore, le débat sur l’inclusivité du système politique béninois et sur les conditions d’une représentation nationale reflétant réellement la diversité des opinions et des sensibilités du pays.

*Dynamisme Info*

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