Tofa et scrutin présidentiel à venir : L’adversaire du candidat du pouvoir déclaré vaincu avant la compétition ?

Depuis la consultation dite du Bénin Tofa 2026, le débat public est marqué par une multiplication d’interprétations à caractère politique. À travers les médias, les réseaux sociaux et certains cercles d’opinion, des lectures convergentes tendent à présenter l’issue de la prochaine élection présidentielle comme déjà acquise, au profit du dauphin de l’actuel Chef de l’État, présenté comme le candidat naturel de la mouvance présidentielle, en l’occurrence Romuald Wadagni. Cette dynamique de communication, fondée sur des interprétations symboliques et parfois très affirmatives du Tofa, installe progressivement l’idée que la victoire du candidat du pouvoir serait inéluctable. Dans cette construction du récit, l’adversaire politique, Paul Hounkpè, pourtant candidat de l’opposition déclaré à ce jour, se retrouve relégué à un rôle secondaire, voire implicitement disqualifié, comme si la compétition électorale était déjà vidée de sa substance avant même son ouverture formelle. Plus préoccupant encore, cette narration s’accompagne d’une mise en scène visuelle et symbolique appuyée. L’utilisation récurrente de l’image de Romuald Wadagni pour illustrer des publications liées au Tofa 2026 donne l’impression que le choix du prochain Président de la République serait déjà connu, voire entériné, indépendamment de toute procédure électorale. Une telle démarche contribue à brouiller les repères entre croyance, communication politique et réalité institutionnelle. Or, à ce stade du processus, aucune décision n’a été prise par le peuple électeur, seul détenteur de la souveraineté. En minimisant l’adversaire déclaré et en présentant un candidat comme déjà victorieux, cette communication apparaît comme une forme de substitution symbolique aux prérogatives fondamentales des électeurs. Elle fragilise le principe de la compétition équitable et peut alimenter un sentiment de résignation ou de défiance au sein de l’opinion publique. Somme toute, si les traditions et les croyances font partie intégrante de l’identité culturelle du Bénin, leur instrumentalisation dans le débat politique comporte des risques réels. Le scrutin présidentiel à venir doit rester un espace ouvert de confrontation des projets et des visions, dans le respect du pluralisme et de la démocratie, sans que l’issue ne soit proclamée avant l’expression du suffrage populaire.

*Dynamisme Info*

Laisser un commentaire