Motifs de la condamnation de Reckya Madougou : Le Juge Essowé Batamoussi dit pourtant le contraire

Le Chef de l’Etat Patrice Talon et l’ancien Juge à la Chambre des libertés et de la détention de la Criet Essowé Batamoussi, restent divisés sur les raisons de la condamnation de Reckya Madougou. Pendant que l’un soutient que l’opposante a écopé de vingt ans d’emprisonnement pour avoir commandité l’assassinat de l’ancien Maire de Parakou, l’autre assure que rien de tout cela n’y est.  En effet, pas disposé à accorder la grâce présidentielle à l’ancienne ministre,  ce qu’il a toujours fait savoir, Patrice Talon est revenu au détour d’une sortie médiatique ce Samedi sur les motifs selon lui, de la condamnation de Reckya Madougou. Il a laissé entendre que la candidate recalée à la présidentielle de 2021 a  été condamnée pour avoir commandité l’assassinat de l’ancien Maire de Parakou et en tant que tel, elle ne mérite pas une quelconque faveur dans le sens de sa libération.  « Même si le Parlement est à 100% Démocrate, une telle loi d’amnistie ne peut pas être votée », martèle-t-il.
Ce qui paraît totalement erroné aux yeux de l’ancien Juge Essowé Batamoussi qui confiait le 5 Avril 2021 à Radio France International  (RFI) bien entendu après son départ du Bénin, que lui et ses collègues Juges de la Criet ne sont pas indépendants et agissent sur pressions.   « Le Juge que je suis n’est pas indépendant tel que cela devra l’être. Toutes les décisions que nous avons été amenées à prendre, l’ont été sur pressions », déclarait-il tout en évoquant les pressions selon ses dires, de la part de la chancellerie dans le cadre du dossier Reckya Madougou. « Dans ce dossier, nous avons été sollicités par la chancellerie car le dossier en lui-même ne comportait aucun élément qui pouvait nous décider à la mettre en détention ». Essowé Batamoussi explique que ces genres de pression sont régulièrement exercés sur les juges de la Criet par la chancellerie donc le ministère de la justice et sa hiérarchie et mettait en cause la procédure contre Reckya Madougou. Une position qui semble aujourd’hui d’actualité avec la polémique autour de la condamnation de l’opposante. L’histoire retient que craignant pour sa sécurité, un Juge qui voulait être en paix avec sa conscience, a fui du Bénin et a dénoncé depuis son exil les pressions et autres manœuvres dans le cadre du dossier Reckya Madougou. Une dénonciation opposée à la position du Chef de l’Etat qui fait observer que l’ancienne ministre a été condamnée pour des faits de nature criminelle.  

*Dynamisme Info*

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