« Moi, personne ne m’a pardonné, de rien du tout. Ça me fait rire quand les gens disent que j’ai été pardonné. Moi, personne ne m’a pardonné de rien du tout parce que je n’ai été coupable de rien du tout. Il y a eu plusieurs procès engagés contre moi et j’ai tout gagné, tant ici au Bénin qu’en France. Ce n’est pas moi qui ai sollicité la réconciliation avec mon aîné Boni Yayi. C’était l’ancien Président Boni Yayi qui a fait cette demande parce qu’il a vu que j’étais très actif politiquement et comme je n’étais coupable de rien, il a voulu de la réconciliation. Et c’est de là où l’ancien Président Sénégalais Abdou Diouf m’a appelé pour me dire que je dois me réconcilier avec mon aîné. Ce que j’ai accepté sur sa demande. Donc personne ne m’a pardonné de rien du tout. Ça me fait rire quand certains disent que j’ai été pardonné » ; laissait entre autres entendre Patrice Talon lors de sa sortie médiatique Samedi dernier comme pour faire savoir qu’il n’a bénéficié contrairement à ce qui se dit, d’un pardon de la part de son prédécesseur, Boni Yayi. Une déclaration qui surprend plus d’un totalement perdus dans les propos du Chef de l’Etat. Eux qui ont toujours entendu la version de pardon au profit de Patrice Talon publiquement prononcée par son prédécesseur en 2014, se demandent pourquoi ce n’est maintenant que l’actuel Chef de l’Etat dit le contraire. Interrogeant les archives, ils avouent ne pas être convaincus par l’argumentaire du Chef de l’Etat qui rappellent-ils, avait tout de même bénéficié d’un non-lieu dans les dossiers de tentatives d’empoissonnement et de coup d’Etat à l’époque évoqués. Une position confortée par une vidéo à la signature de l’ancien ministre de la Justice Valentin Djènontin relayée sur les réseaux sociaux. « Dans l’après-midi du Mercredi 14 Mai 2014 à la surprise générale de tout le peuple béninois, le Président Boni Yayi fut annoncé pour une importante déclaration solennelle à la télévision nationale Ortb. Lors de cette intervention, il prononça les paroles suivantes : j’ai décidé en mon âme et conscience et en toute liberté de pardonner. Ce pardon s’adresse à Monsieur Patrice Talon, Olivier Boko et à tous les détenus. Le pardon accordé, je serai reconnaissant au système judiciaire de mon pays des dispositions appropriées qui seront prises en vue de rendre la liberté à tous les détenus et garantir à tous la liberté de circulation aussi bien dans notre pays que dans le reste du monde. J’exhorte chaque Béninoise et chaque Béninois à tourner définitivement la page de cette affaire et nous atteler ensemble à la résolution des problèmes quotidiens auxquels notre peuple est encore confrontés », rappelle comme pour retracer les faits, l’ancien ministre de Boni Yayi.
Une action balayée aujourd’hui du revers de la main par le Chef de l’Etat qui dit ne bénéficier du pardon de qui que ce soit. Ce qui ne convainc pas plus d’un ayant en mémoire le geste de l’homme d’Etat Boni Yayi qui avait su écouter son peuple, les sages et notables, ses collègues Présidents de la sous-région et d’ailleurs et surtout le Président Abdou Diouf de l’Organisation Internationale de la Francophonie pour agir au profit de Patrice Talon.
*Dynamisme Info