Une loi votée en 2019 donne libre cours au Chef de l’Etat de ratifier les accords de financement et d’en rendre compte à l’Assemblée nationale bien après. Cette loi à l’actif de la huitième législature sonne comme une restriction du pouvoir législatif exercé au nom du peuple. Prenant ce qui est jusque-là fait comme une expérimentation, Dr Henri Medrid, Président du Parti Social Libéral (PSL) préconise le retour à ce qui est de règle. Opinant sur le sujet, il trouve légitimes les craintes des députés des Démocrates et invite à tout mettre en œuvre pour retourner cette prérogative aux parlementaires. « Les pouvoirs publics de ratifier des accords internationaux relèvent de la nature même du contrôle de l’action gouvernementale par le pouvoir législatif et que pour rien au monde ce dernier n’aurait dû s’en défaire en y renonçant au profit du pouvoir exécutif. Jamais et au grand jamais ! », fait-il savoir.
Pour le numéro 1 du parti en cours de constitution le PSL, cet état de chose ne saurait perdurer et les députés toutes tendances confondues doivent y mettre fin. « Comme conséquence imparable et irrémédiable, le Chef de l’Etat béninois actuel s’en est servi proprement et se privant de toutes les critiques et passant outre les obligations de service des parlementaires et cela est sans précédent dans toute l’histoire contemporaine des ordonnancements juridiques et surtout des grands acquis du Droit Constitutionnel moderne quel que soit le pays ou le système de droit positif ! Voilà pourquoi nous ne devons pas être surpris de la réaction des députés LD. C’est tout à fait normal et l’exécutif sait que cette situation qui prévaut ne saurait perduré et qu’il s’est agi là d’un cas d’expérimentation et qu’il urge que les choses reviennent à la norme admissible et acceptée par tous les systèmes de droit moderne au risque que nous soyons dorénavant pris et considérés comme une République bananière ! Et le pouvoir de l’arrêter relève encore une fois du pouvoir législatif et à condition de retoucher encore une fois à la constitution ! Au cas contraire le Chef de l’Etat béninois serait toujours dans ses prérogatives régaliennes mais attention qu’en adviendrait-il à partir de 2026 à l’issue des élections générales y compris la présidentielle ? », détaille-t-il.
Opinant par la suite sur le projet de loi d’amnistie à la signature des députés Démocrates il inscrit la balle dans le camp du Chef de l’Etat pour les grands rôles à cet effet. « Quant au projet de Loi d’amnistie actuellement en débats à l’assemblée nationale, le PSL actuellement en constitution rappelle qu’il s’agit là d’un exercice normal en politique nationale mais que le cas ici est très différent eu égard à la nature de problème politique à régler et qui vaille que vaille devra être réglé afin que d’éminentes personnalités qui ne devraient pas se retrouver dans cette situation des plus déplorables et des plus tristes recouvrent leur liberté et pour cela et au-delà des diatribes politiciennes qui ont commencé à l’assemblée nationale, le Chef de l’Etat puisse prendre ses responsabilités et siffler souverainement la fin de la récréation parce que le défi c’est à son niveau seul. C’est à lui qu’il revient de se soucier de ce que la postérité retiendra plus tard de ce qu’aura été son passage à la tête de l’Etat béninois ! », conclut-il tout en rassurant que tout suit normalement son cours afin que le PSL obtienne son récépissé de mise en conformité.
*Dynamisme Info