Sur l’illégalité de la détention de l’ancienne ministre de la justice, plusieurs recours sont parvenus au secrétariat de la Cour constitutionnelle. Déposé par des citoyens béninois à savoir Landry Adelakoun, Miguèle Houéto, Romaric Zinsou, Fréjus Attindoglo et Conaïde Akouedenoudjè, le premier recours comme pratiquement le second à la signature de Mario Fiacre Ayeko Oladélé, demande à s’appuyer sur les conclusions du Groupe de travail de l’ONU pour trancher en faveur de Reckya Madougou. En direction des sages de la Cour constitutionnelle, les requérants rappellent que le Groupe de Travail des Nations unies sur les détentions arbitraires, a rendu un avis en Novembre 2022 à travers lequel il juge que la privation de liberté de Reckya Madougou est arbitraire et viole plusieurs articles de la Déclaration universelle des droits de l’homme et du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Il est également rappelé l’injonction au gouvernement du Bénin de mener une enquête approfondie et indépendante sur les circonstances de la privation arbitraire de liberté de Reckya Madougou, de prendre des mesures contre les responsables de cette violation des droits et de garantir sa libération immédiate. Réalisant que rien de tout ceci n’a été acté jusqu’à l’expiration, la fin du mois de Mai 2023, du délai accordé à l’État du Bénin pour agir dans ce sens, des citoyens saisissent la Cour constitutionnelle pour faire le droit au profit de Reckya Madougou. Naturellement, ils attendent la libération de Reckya Madougou afin de voir arrêter les traitements contre l’opposante au régime de Patrice Talon. Pour rappel, pour en arriver à sa conclusion, le Groupe de travail de l’ONU sur les détentions arbitraires, après analyse de la situation carcérale de l’opposante au régime de Patrice Talon, a trouvé que tous les cas de détention arbitraire sont réunis dans le dossier de Reckya Madougou. Le 1er cas de détention arbitraire a rapport au mandat d’amener délivré par le Procureur spécial de la Criet qui serait « illégal ». Mais cela n’a pas empêché que Reckya Madougou soit poursuivie et condamnée. Le 2ème cas de détention arbitraire est relatif à la violation de sa liberté d’expression d’association et de réunion consacrée par le pacte international sur les droits civils et politiques. Enfin, le 3ème cas de détention arbitraire est le fait que la détention de Reckya Madougou ne satisfait pas aux conditions d’impartialité et d’indépendance des juridictions béninoises notamment la Criet. En outre, le Groupe de travail de l’ONU estime que la présomption d’innocence de Reckya Madougou a été entachée et demande sa libération immédiate. Des motifs que devront prendre en compte les sages de la Cour constitutionnelle pour statuer en faveur de Reckya Madougou. Candidate recalée à la présidentielle de 2021, l’ancienne ministre a été arrêtée en Mars 2021 à la suite d’un meeting des partis de l’opposition. Condamnée le 11 Décembre 2021 à 20 ans de prison pour « financement du terrorisme », elle purge sa peine à la prison civile d’Akpro-Missérété.
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