Il serait difficile de faire admettre le caractère impartial de la lutte contre la corruption et l’impunité sous le régime de la rupture. Des actes de plus en plus notés donnent raison à ceux qui avancent que ce qui se fait est plus dirigé contre des opposants que des courtisans protégés dans certaines circonstances. Le retour au bercail acté de l’ancien député Atao Hinnouho sous le coup encore de la condamnation et l’évasion sans qu’il ne soit retrouvé et ramener dans sa cellule au Bénin de l’ex-maire d’Abomey-Calavi Georges Bada sont des faits qui attestent que l’on travaille peu à appliquer des sanctions à d’acteurs du pouvoir ayant des ennuis avec la justice. De quoi faire ramener sur le tapis les allégations souvent agitées comme quoi des membres de la mouvance vivent dans de bonne grâce même dans des situations qui obligent à la privation de leur liberté. En effet, avant Atao Hinnouho et Georges Bada, l’ex-Préfet Modeste Toboula incarcéré dans une affaire ; sous prétexte qu’il est souffrant a bénéficié d’une mesure pour aller se faire soigner à l’étranger sans transiter par la prison dès son retour. Il y a aussi Bertin Koovi, ancien pourfendeur du régime, reconnu coupable d’incitation à la violence condamné mais qui est rentré paisiblement au bercail après son allégeance au pouvoir. Des réalités qui font peser lourd dans la balance le deux poids deux mesures sur le chantier de la lutte contre la corruption et l’impunité sous Patrice Talon.
*Dynamisme info : Edition du 16 Août 2023*