La jeunesse béninoise est dans sa majorité désœuvrée et ne demande qu’à être prise en compte dans les politiques de développement. En dépit des efforts des gouvernants, beaucoup demeurent à la charge des parents et appellent au changement de la donne. Ayant suivi des formations sanctionnées par des diplômes, ils cherchent désespérément le chemin de l’emploi pour gagner décemment leur vie. Une requête à laquelle essaient de répondre à leur manière les dirigeants visiblement encore loin de l’essentiel pour combler les attentes. La preuve en est l’effectif entre-temps grandissant des jeunes dans les activités comme la cybercriminalité fortement déconseillée du fait des conséquences qu’elle entraîne. Beaucoup plus interpellés, les gouvernants ont la charge de proposer des options pour faire sortir de cette situation et donner l’envie aux jeunes soucieux de gagner honnêtement leur vie de continuer à rêver qu’ils sont ou seront pris en compte. Mais à la place de l’essentiel, c’est à des mélanges de terminologies que s’adonne le gouvernement de la rupture qui tente de justifier le sort des jeunes depuis son avènement. En effet, à travers son porte-parole dont les propos en rapport avec le taux de chômage suscitaient des polémiques, l’exécutif s’est prononcé à nouveau sur les chiffres précédemment communiqués en faisant cette fois le lien avec le taux de sous-emploi qu’il déclare en hausse. « Le taux de chômage tourne autour de 3%. Ça ne date pas d’aujourd’hui. La première fois que ça a été fait, c’est 2013-2014. Quand les chiffres sont sortis, on était étonné », fait savoir Wilfried Léandre Houngbédji qui a par ailleurs indiqué que le Bénin fait face à un « fort taux de sous-emploi ». Une situation qui selon lui, s’explique par le résultat du système éducatif qui a pendant longtemps formé des « diplômés généralistes ». Car explique-t-il, « le sous-emploi suppose que quelqu’un qui a la maîtrise par exemple, travaille et est payé pour le niveau BAC ou BEPC ». Des détails futiles aux yeux de beaucoup qui préfèrent des actions concrètes en lieu et place des propos pour rassurer. Tout en ne remettant pas en cause l’option du gouvernement d’investir dans la formation technique et professionnelle pour mettre sur le marché de l’emploi des diplômés qui répondent aux besoins de l’heure, on demande au porte-parole de patienter pour laisser les choses parler d’elles-mêmes.
*Dynamisme Info : Edition du 08 Mai 2023