CACEM : L’outil pour traquer les organes de presse fictifs mis en place ; ça fait jaser

Le Conseil National du Patronat de la Presse et de l’Audiovisuel du Bénin (CNPA-BENIN)  propose ses services à la HAAC dans sa mission d’assainissement des médias. Il met en place  la Cellule d’Assainissement et de Contrôle de l’Environnement Médiatique (CACEM) pour fixer sur le respect scrupuleux des lois et règlements qui régissent la création et l’animation des médias au Bénin. Une information rendue publique à travers un communiqué visiblement pas du goût de la majorité des professionnels du secteur qui ne partage pas l’option de l’association faitière. En  réaction au communiqué diffusé,  beaucoup ne jugent pas opportune la mise en place d’une telle cellule qui ne relève pas des priorités pour l’amélioration des conditions de vie des acteurs de la presse. Et dans les commentaires  à ce sujet, ils s’insurgent contre l’attitude du CNPA-BENIN qui délaisse à leurs yeux, l’essentiel pour des futilités.  Ils relèvent que ceux qui viennent en appui à la HAAC pour le ménage au sein des médias et qui devraient servir de modèle, n’ont pas tous leurs organes de presse à jour pour contraindre les autres à se conformer aux textes. « L’assainissement à opérer par le CNPA sera-t-il différent de celui de la HAAC qui publie par moment les organes de presse légalement reconnus ? Quelle sera la finalité des résultats de cet assainissement ? », s’interroge un professionnel du secteur qui veut sans doute en savoir davantage sur l’initiative du CNPA-BENIN. 
Pour un autre, il y a meilleur chat à fouetter que la création d’une cellule pour la légalité des organes de presse. « Tout le monde n’est pas affilié au CNPA-BENIN et je me demande comment les sanctions vont s’opérer. Cessons d’être ridicules et prenons nous au sérieux. Il y a plus urgent et plus sérieux que  la CACEM. Je vous en prie », laisse-t-il entendre.
Un avis que ne partage pas un responsable d’organe de presse qui appelle à aller suivant les orientations du CNPA-BENIN face à l’amer  constat au sein de la corporation des journalistes.  « Je comprend chacun de vous. Mais je vous prie de prendre la CACEM comme votre chose. Le constat est amer. Les responsabilités seront prises », fait-il savoir.
Contrairement à lui,  des professionnels des médias estiment  que face aux défis pour l’amélioration de leurs  conditions, il n’y a pas, sous le prétexte d’un appui à la HAAC, contraindre des promoteurs d’organes de presse à se conformer à telle ou telle disposition.  Et le communiqué à la signature du Président du CNPA-BENIN fait  ainsi objet d’interprétations dans tous les sens  pour s’insurger surtout contre ce qui est proposé.  Dans l’ensemble, on rejette cette proposition pas dans le rang des urgences.

*Subventions de l’Etat : les médias, les grands oubliés!*

Au Bénin, les acteurs des médias vivent dans la précarité. A l’exception d’une minorité qui fait le jeu des politiques et surtout du pouvoir pour s’engraisser, le grand nombre vit sans situation sociale véritable. Il n’est pas exagéré de dire que la plupart ne vit pas de leur métier quand bien même apportant au fonctionnement des organes de presse.  En cause, les difficultés des promoteurs à honorer leurs engagements  pour permettre aux hommes et femmes du 4ème pouvoir de jouir des fruits de leurs efforts. Indexés, les patrons des médias pointent de doigt les subventions de l’Etat supprimées depuis quelques années  et qui produisent des impacts négatifs sur le fonctionnement des organes de presse. Ils font observer que contrairement aux partis politiques, fédérations sportives et autres qui reçoivent des appuis de l’Etat, les médias  qui jouent un rôle déterminant dans le développement sont laissés sur le carreau avec la rareté ou le défaut  d’initiatives pour soutenir leur existence. Une situation qu’on appelle à corriger pour sauver ce qui doit l’être et donner ainsi le goût d’’exercer le métier de journalisme au Bénin. 

*Dynamisme Info : Edition du 02 Mai 2023*

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