Depuis sa cellule, l’ancienne ministre de la justice Reckya Madougou opine sur l’actualité nationale pour orienter dans le sens de la restauration de la démocratie. Condamnée à vingt ans d’emprisonnement ferme pour de présumés faits en lien avec les présidentielles de 2021 et purgeant sa peine à la prison civile d’Akpro-Missérété, elle ne faiblit pas dans sa conviction de prôner la bonne gouvernance et de défendre les libertés et les droits humains au profit de l’unité et de la cohésion nationales. Ce qui fait l’actualité au niveau de l’ancienne membre du gouvernement de Boni Yayi est la réflexion portée sur la régulation par les autorités béninoises du bruit. Une règlementation qui n’a pas épargné les lieux de cultes interdits de recourir à des appels sonores pour convier aux prières dans les mosquées et églises. Des mesures attaquées par Reckya Madougou qui estime que ce qui avait cours n’a jamais été la cause des véritables pollutions sonores au Bénin. Pour celle qui dit avoir subi déjà toutes les humiliations de la part des dirigeants en place, la « déférence que nous devons donc TOUS à ce DIEU, Maître de notre souffle, nous interdit de loger à la même enseigne, dans une démarche de régulation sonore, les lieux de culte ou de prière et les débits de boissons et autres bars qui polluent dans presque tous les coins de rue du pays ». Elle affirme que le décret 2022- 301 du 25 mai 2022 est une forme d’empiétement au libre exercice de la liberté de culte et de religion dont les religions musulmane et catholique sont les principales victimes. « Les appels sonores à la prière n’empêchent pourtant nullement l’exercice d’autres cultes religieux », fait-elle observer à travers sa tribune par laquelle
elle avance que la démocratie béninoise est depuis 2016 sous assistance respiratoire eu égard aux multiples lois liberticides qui se sont succédées. Evoquant son propre cas, la pensionnaire de Missérété dit avoir tout subi de la part du pouvoir en place et qui ne reste qu’aux décideurs actuels de lui ôter la vie. « J’ai moi-même conscience qu’après avoir opiné à l’encontre de certains intérêts, vous me soumettrez encore à d’autres représailles dans les geôles comme à l’accoutumée. Mais comme je l’ai dit à ceux qui m’oppriment ici selon vos ordres, vous m’avez déjà tout fait subir, privée de tout. La seule chose qu’il vous reste à faire, c’est m’ôter la vie. Heureusement que pour ce faire, Seul Mon Créateur peut décider du moment et du comment. Je reste donc stoïque dans ma douleur par la Main Puissante qui me couvre et j’attire votre attention sur les dangers de certaines décisions bien curieuses », laisse-t-elle lire comme pour signifier qu’elle ne faiblira pas dans son combat contre la tyrannie et l’injustice sous toutes ses formes .Une démarche et une prise de positions de l’ancienne ministre de la justice saluées au sein de l’opinion où l’on félicite Reckya Madougou pour sa constance et le courage dont elle fait preuve.
*Dynamisme Info : Edition du 03 Mars 2023*