L’amnistie présente l’avantage qu’elle aide à sortir comme cela se doit des situations politiques pour remettre en confiance tous les acteurs en présence. Dès lors qu’elle est adoptée, la loi dans ce sens vide de tout objet les procédures engagées de même que les jugements ou arrêts prononcés pour favoriser la libération des personnes détenues à titre provisoire ou en exécution de peines. C’est d’ailleurs l’option la plus convenable pour faire baisser la tension politique au lendemain d’élection agitée. Expérimentée en 2019, elle a contribué à sortir de prison toutes les personnes interpellés et mises en détention préventive ou jugées dans le cadre des manifestations postélectorales. Survenues dans le champ politique, les sortes d’infractions alors enregistrées ont été effacées grâce à une disposition entérinée par le Parlement qui avait fait refermer de la belle manière la triste page des législatives. Mais cette option qui avait servi à pacifier le pays semble être évitée pour les dernières présidentielles ayant connu pour des accusations diverses, l’emprisonnement et la condamnation de personnalités politiques toujours maintenues derrière les barreaux. Il s’agit principalement de Joël Aïvo et de Reckya Madougou, candidats recalés aux élections de 2021 et jetés en prison puis condamnés pour de présumés faits de terrorisme, d’attente à la sûreté de l’Etat et de blanchiment de capitaux. Alors que les sollicitations pour la libération de ces deux opposants se multiplient, les autorités en place ne semblent pas se soucier de leur cas. Au motif de respect au principe de séparation des pouvoirs, on dit éviter toute immixtion dans le judiciaire pour faire recouvrer la liberté en l’occurrence à l’ancienne ministre de la justice et à l’ancien doyen de la Fadesp. Une posture qui amène plus d’un à se demander ce que cachent bien cette manque de motivation pour la libération des concernés et la mise en suspens de la possibilité d’amnistie. Trouvant plus efficace l’option d’amnistie qui efface d’ailleurs les peines prononcées, on avance que la rupture craint assurément le retour sur la scène politique des deux opposants en prison qu’elle agirait pour leur inéligibilité à vie. On parle de deux éléments gênants à qui il faut retirer toute envie politique.
*Dynamisme Info : Edition du 29 Septembre 2022*