Depuis l’introduction au Parlement du projet de loi modificative du Code de procédure pénale, beaucoup au regard des innovations annoncées, avancent que c’est le moyen tout trouvé pour sortir de prison certaines personnes en l’occurrence les grandes figures incarcérées dans le cadre des dernières présidentielles. Et les commentaires pour accorder au gouvernement le crédit de la bonne foi pour la décrispation politique se font pour déboucher en attendant l’étude et le vote du texte par les députés, sur des sortes de lauriers au Président de la République. Mais à lire les grandes lignes de ce qui est soumis à la représentation nationale, ce qui y est consigné n’a forcément rien à voir avec les souhaits pour la libération des principaux contradicteurs en prison. Rien n’est encore précis ou tout paraît encore flou pour amener à conclure à de potentielles actions au profit des figures politiques concernées dès le vote de la loi. En effet, à s’en tenir aux mobiles à l’origine de l’introduction du projet de loi en question, l’action amorcée vise à permettre au gouvernement d’apporter des réponses adaptées aux situations exceptionnelles d’ordre social et humanitaire en vue d’humaniser et de moderniser les peines prévues par le code pénal. Il est indiqué que « la réforme proposée vise à conférer au Président de la République, après avis conforme du Conseil supérieur de la Magistrature, le pouvoir d’ordonner la suspension de l’exécution de la peine lorsque celle-ci est justifiée pour des raisons sociales et humanitaires ». Et plus loin, on lit : « Le texte soumis à l’étude de l’Assemblée nationale précise que cette suspension est faite à la requête de la personne condamnée, pour une durée qui ne saurait excéder 5 années civiles, renouvelable une seule fois. De plus, aucune suspension de l’exécution de la peine ne saurait excéder 10 ans, mais lorsqu’après le renouvellement, la durée de 10 années est expirée, la suspension produit les effets d’une grâce présidentielle ». Des éléments qui ne renseignent pas clairement sur la situation des détenus dits politiques ou encore le retour des exilés pour amener à penser à des actions pour la décrispation politique. Car, la solution au contexte politique actuellement crispé passe par la libération quoi qu’on veuille, des grandes figures comme Reckya Madougou et Joël Aïvo et le retour au pays des personnes contraintes à l’exil essentiellement pour leur position politique. Et de tout ce qui est exposé, il n’y a rien qui semble prendre en compte ce beau monde visiblement sous la chicotte de la rupture. Aussi, on n’y lit pas une certaine volonté de la part des personnes susmentionnées de formuler des demandes à examiner pour espérer recouvrer leur liberté. Des réalités qui ne permettent pas de soutenir qu’il s’agirait en l’espèce d’une initiative du gouvernement pour faire sortir du pétrin en l’occurrence les détenus dits politiques.
Dynamisme Info : Edition du 23 Septembre 2022