À la requête d’une amnistie ou tout au moins d’une grâce présidentielle pour faire sortir de prison Reckya Madougou et Joël Aïvo, le pouvoir en place en l’occurrence le Chef de l’Etat ne s’est pas encore décidé. Même le passage à Cotonou de Emmanuel Macron avec l’atmosphère de plaidoyers enregistrés à l’occasion, n’aura pas incité Patrice Talon à faire parler son cœur en accordant une mesure de grâce présidentielle aux deux concernés. Le dévoilement des critères pour bénéficier de la grâce présidentielle au titre de 2022 selon le Décret pris par le Chef de l’Etat le 3 Août permet de se rendre à l’évidence que rien de ce qui est répertorié n’arrange Reckya Madougou et Joël Aïvo pour leur éventuelle remise en liberté. En effet, à travers l’article 2 du Décret signé et qui précise clairement les infractions exclues du champ de grâce, on remarque que les charges à la base des condamnations à des peines lourdes de ces deux ténors de l’opposition y figurent. On parle entre autres de blanchiment de capitaux, de complot contre la sûreté de l’Etat et d’associations de malfaiteurs ; des accusations similaires à celles listées contre l’ancienne ministre de la justice et l’ancien doyen de la Fadesp. Et cela aura suffi pour écarter officiellement ces deux en faveur de qui les appels à la libération ne cessent de s’enregistrer. Conséquence, en attendant peut-être l’année prochaine ou une loi d’amnistie, Reckya Madougou et Joël Aïvo continueront à purger leurs peines malheureusement pour des infractions toujours contestées au sein de l’opinion.
Dynamisme Info : Edition du 16 Août 2022