Pour qui connaît la France et l’état avancé de la démocratie dans ce pays, il doit pouvoir savoir que l’expression reste libre surtout quand il s’agit des questions de liberté fondamentales. On ne tourne pas autour du pot pour faire savoir son opinion dans la logique de contribuer à rectifier le tir. Et cela reste un principe fondamental dans la tradition de cette nation européenne où n’ont pas leur place les pratiques d’intimidation et liberticides. Tout ce rappel pour appeler à reconsidérer le contenu de la lettre adressée par le Député écologiste du Rhône ; Secrétaire de l’Assemblée nationale Hubert Julien-Laferrière au Président Français dans le cadre de sa visite au Bénin et qui fait objet de commentaires, d’interprétations et même d’attaques sur les réseaux sociaux. En effet, celui qui ne s’adresse qu’à son Chef d’Etat pour attirer son attention sur la situation politique au Bénin sans lui déconseiller la visite, est traité de tous les noms et fait tout court, objet d’acharnement de la part des soutiens du pouvoir en place au Bénin qui trouvent très inopportune sa correspondance. Mais dans les sortes de contre-attaques enregistrées, on n’arrive pas à relever ce qui pourrait être erroné et qui incite aux diverses réactions. Certes, les relations entre la France et le Bénin portées par leurs Présidents respectifs et vieilles de longues dates, se portent de jour en jour mieux pour favoriser la coopération et les échanges de diverses natures. Et c’est tout le sens à donner au déplacement d’Emmanuel Macron au Bénin qui a reçu un peu plus tôt en territoire français son homologue béninois, Patrice Talon. Un climat de bonne entente qui ne devra empêcher qui que ce soit à s’intéresser à la situation politique interne de l’un ou de l’autre des deux pays. Et c’est de cette démarche qu’est allé le député Hubert Julien-Laferrière qui appelle en réalité au concours de son Chef d’Etat au profit des détenus dits politiques et des exilés. Il n’y a rien à retenir d’autres que des orientations de ce député en direction du numéro 1 de son pays pour contribuer au dégel de la situation politique au Bénin. Certes, certaines observations de sa part peuvent paraitre osées mais il n’y a pas à s’en prendre vertement à sa personne comme c’est malheureusement le cas sur les réseaux sociaux. La preuve en est que sa correspondance n’empêchera pas l’arrivée d’Emmanuel Macron au Bénin d’ailleurs dans une tournée africaine. Loin donc de prendre la défense de ce député qui ne fait que savoir son opinion, il y a à appeler les uns et les autres à faire preuve de retenue pour ne pas donner raison à ceux qui estiment que la liberté d’expression est comme un totem sous les tropiques.
Dynamisme Info : Edition du 25 juillet 2022